Patrimoine classé
La grotte en totalité (cad. D 405, 406, 506 à 508, 510, 512 à 515, 519, 534, 539 à 542, 786, 812 ; D partie de chemin rural, lieudit Genestal, domaine public, non cadastré ; D partie de la voie communale n° 211, lieudit Pecpugné ouest, domaine public, non cadastré ; D partie de la voie communale n° 212, lieudit Pecpugné est, domaine public, non cadastré ; E 278, 298 à 300, 318, 319, 899, 900, 975) : classement par arrêté du 3 juillet 2002
Personnages clés
| Marc Delluc - Spéléologue et inventeur |
Redécouvreur de la grotte en 2000. |
| Fabrice Massoulier - Spéléologue co-inventeur |
Participa à la désobstruction initiale. |
| Denis Peyrony - Préhistorien |
Fouilla le site en 1950 sans succès. |
| Jacques Jaubert - Archéologue et préhistorien |
Dirige les recherches actuelles sur Cussac. |
| Norbert Aujoulat - Préhistorien |
Auteur du premier inventaire graphique (2005). |
Origine et histoire de la Grotte de Cussac
La grotte de Cussac, découverte en 2000 par les spéléologues Marc Delluc et Fabrice Massoulier, est une cavité karstique du Périgord (Dordogne) classée Monument Historique en 2002. Elle se distingue par son art pariétal quasi exclusivement gravé (135 entités graphiques recensées en 2005), dominé par des bisons, mammouths et chevaux, ainsi que par des restes humains associés aux œuvres, suggérant un rituel funéraire structuré.
Les gravures, attribuées au Gravettien (vers 25 000 ans), couvrent une galerie de 1,6 km divisée en deux branches : l’Aval (600 m, concentrant 90 % des œuvres) et l’Amont (1 km, abritant des figures originales comme le Rhinocéros ou les Figures féminines). Réalisées à l’outil lithique ou par tracés digitaux sur argile, certaines atteignent 4 mètres de long. Le site, protégé par un périmètre archéologique et climatique, reste inaccessible au public en raison de concentrations de CO2.
La grotte associe art pariétal et sépultures, une rareté en Europe paléolithique. Cinq individus (quatre adultes, un adolescent) y furent inhumés dans des dépressions naturelles, avec des ossements datés à ~25 000 ans. L’obstruction rapide de l’entrée après leur passage a préservé ce contexte exceptionnel. Des fac-similés du Panneau de la Découverte et d’une bauge funéraire sont exposés localement.
La gestion du site, marquée par la prudence après les controverses autour de Chauvet et Cosquer, inclut une protection juridique (classement MH, zonage archéologique), physique (double fermeture, stabilisation) et environnementale (étude de l’aquifère karstique). Un projet pluridisciplinaire, lancé en 2009, en coordonne l’étude scientifique, tandis que Jacques Jaubert la qualifie d’anti-Lascaux pour son absence d’exploitation touristique.
Les thèmes iconographiques (bisons à 31 %, mammouths, chevaux) et les techniques (gravure sur calcaire, tracés argilo-digitaux) rapprochent Cussac des grottes du Quercy comme Pech Merle. Les rares pigments rouges et traces de torches en résine complètent ce corpus. Quatre silhouettes féminines microcéphales et des vulves stylisées (associées aux mammouths) illustrent la diversité des représentations.
L’exploration initiale (1950) par Denis et Élise Peyrony échoua face à un éboulis. La redécouverte en 2000, suivie d’un classement rapide, contraste avec d’autres sites préhistoriques. La grotte, propriété mixte (commune, privés), fait l’objet de recherches actives, avec des publications majeures comme Grotte de Cussac −30 000 (2020) sous la direction de Jacques Jaubert.