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Grotte de la Mairie à Teyjat en Dordogne

Patrimoine classé Vestiges préhistoriques Grotte Grotte ornée

Grotte de la Mairie à Teyjat

    D92
    24300 Teyjat
Propriété de l'Etat
Grotte de la Mairie à Teyjat
Grotte de la Mairie à Teyjat
Grotte de la Mairie à Teyjat
Crédit photo : Rudolf Pohl - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
500
600
1800
1900
2000
vers 11 500 ans avant le présent
Réalisation des gravures
1889
Découverte d'objets gravés
1903
Identification des gravures pariétales
4 avril 1910
Classement monument historique
années 1960
Réétude du décor pariétal
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

La grotte : classement par arrêté du 4 avril 1910

Personnages clés

Denis Peyrony - Archéologue A identifié les gravures en 1903.
Perrier du Carne - Explorateur Découvreur d'objets gravés en 1889.
Pierre Bourrinet - Instituteur et fouilleur Fouilles de 1904 sous direction de Peyrony.
Louis Capitan - Préhistorien A étudié les gravures avec Breuil.
Henri Breuil - Spécialiste d'art pariétal Analyse des gravures au début du XXe.
Claude Barrière - Chercheur Réétude des gravures dans les années 1960.

Origine et histoire

La grotte de la Mairie, située à Teyjat en Dordogne (Nouvelle-Aquitaine), est un site archéologique majeur du Paléolithique supérieur, occupé à la fin du Magdalénien (vers 11 500 ans avant le présent). Elle doit son nom à sa proximité avec la mairie du village, sur la bordure nord-est du bourg, sous l’école et près de l’église. La grotte, creusée dans un calcaire jurassique recristallisé, comprend deux niveaux : un supérieur de 75 mètres de long, où se trouvent les gravures, et un inférieur accessible par un puits, avec un petit cours d’eau souterrain. Les 48 gravures pariétales, découvertes en 1903 par Denis Peyrony, ornent les quinze premiers mètres du niveau supérieur. Elles représentent des animaux (aurochs, bisons, chevaux, cervidés, rennes, ours) avec un réalisme remarquable, caractéristiques du style IV du Magdalénien final.

Les premières explorations débutent vers 1880, mais c’est en 1889 que Perrier du Carne y découvre des gravures sur os et des objets comme des harpons. En 1903, Denis Peyrony identifie les gravures pariétales, étudiées ensuite par Louis Capitan et Henri Breuil. Les fouilles de 1904, menées par l’instituteur Pierre Bourrinet sous la direction de Peyrony, révèlent deux couches archéologiques : une inférieure attribuée au Magdalénien V (vers 10 000 av. J.-C.), avec des harpons à une rangée de barbelures, et une supérieure du Magdalénien VI, contenant des harpons à deux rangs de barbelures et des pointes de Teyjat (silex pédonculés). La grotte est classée monument historique le 4 avril 1910. Dans les années 1960, Claude Barrière réétudie le décor pariétal, suivi par un projet collectif dirigé par Patrick Paillet.

L’art pariétal de Teyjat se distingue par sa frise des bovidés, célèbre pour son style achevé, et par la surreprésentation des cervidés (29 sur 48 représentations), reflétant un mélange de faunes froide (rennes, bisons) et tempérée (cerfs). Ce site illustre le réchauffement climatique de la fin du Magdalénien et le départ des grands herbivores vers le nord. Parmi les objets mobiliers découverts figurent des harpons, des pointes de projectile, et un radius d’aigle gravé représentant une harde de rennes. À proximité, l’abri Mège a livré une cheville osseuse ornée et un bâton percé décoré de figures animales et de « ratapas » (génies fécondateurs). Aujourd’hui fermée pour conservation, la grotte dispose d’une salle d’exposition présentant des fac-similés et une vidéo immersive sur la vie des chasseurs-cueilleurs de la fin de l’ère glaciaire.

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