Frise chronologique
vers 11 500 ans avant le présent
Réalisation des gravures
Réalisation des gravures
vers 11 500 ans avant le présent (≈ 500)
48 gravures magdaléniennes dans la grotte.
1889
Découverte d'objets gravés
Découverte d'objets gravés
1889 (≈ 1889)
Perrier du Carne trouve gravures sur os.
1903
Identification des gravures pariétales
Identification des gravures pariétales
1903 (≈ 1903)
Denis Peyrony reconnaît les incisions murales.
4 avril 1910
Classement monument historique
Classement monument historique
4 avril 1910 (≈ 1910)
Protection officielle de la grotte.
années 1960
Réétude du décor pariétal
Réétude du décor pariétal
années 1960 (≈ 1960)
Travaux de Claude Barrière sur les gravures.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La grotte : classement par arrêté du 4 avril 1910
Personnages clés
| Denis Peyrony - Archéologue |
A identifié les gravures en 1903. |
| Perrier du Carne - Explorateur |
Découvreur d'objets gravés en 1889. |
| Pierre Bourrinet - Instituteur et fouilleur |
Fouilles de 1904 sous direction de Peyrony. |
| Louis Capitan - Préhistorien |
A étudié les gravures avec Breuil. |
| Henri Breuil - Spécialiste d'art pariétal |
Analyse des gravures au début du XXe. |
| Claude Barrière - Chercheur |
Réétude des gravures dans les années 1960. |
Origine et histoire
La grotte de la Mairie, située à Teyjat en Dordogne (Nouvelle-Aquitaine), est un site archéologique majeur du Paléolithique supérieur, occupé à la fin du Magdalénien (vers 11 500 ans avant le présent). Elle doit son nom à sa proximité avec la mairie du village, sur la bordure nord-est du bourg, sous l’école et près de l’église. La grotte, creusée dans un calcaire jurassique recristallisé, comprend deux niveaux : un supérieur de 75 mètres de long, où se trouvent les gravures, et un inférieur accessible par un puits, avec un petit cours d’eau souterrain. Les 48 gravures pariétales, découvertes en 1903 par Denis Peyrony, ornent les quinze premiers mètres du niveau supérieur. Elles représentent des animaux (aurochs, bisons, chevaux, cervidés, rennes, ours) avec un réalisme remarquable, caractéristiques du style IV du Magdalénien final.
Les premières explorations débutent vers 1880, mais c’est en 1889 que Perrier du Carne y découvre des gravures sur os et des objets comme des harpons. En 1903, Denis Peyrony identifie les gravures pariétales, étudiées ensuite par Louis Capitan et Henri Breuil. Les fouilles de 1904, menées par l’instituteur Pierre Bourrinet sous la direction de Peyrony, révèlent deux couches archéologiques : une inférieure attribuée au Magdalénien V (vers 10 000 av. J.-C.), avec des harpons à une rangée de barbelures, et une supérieure du Magdalénien VI, contenant des harpons à deux rangs de barbelures et des pointes de Teyjat (silex pédonculés). La grotte est classée monument historique le 4 avril 1910. Dans les années 1960, Claude Barrière réétudie le décor pariétal, suivi par un projet collectif dirigé par Patrick Paillet.
L’art pariétal de Teyjat se distingue par sa frise des bovidés, célèbre pour son style achevé, et par la surreprésentation des cervidés (29 sur 48 représentations), reflétant un mélange de faunes froide (rennes, bisons) et tempérée (cerfs). Ce site illustre le réchauffement climatique de la fin du Magdalénien et le départ des grands herbivores vers le nord. Parmi les objets mobiliers découverts figurent des harpons, des pointes de projectile, et un radius d’aigle gravé représentant une harde de rennes. À proximité, l’abri Mège a livré une cheville osseuse ornée et un bâton percé décoré de figures animales et de « ratapas » (génies fécondateurs). Aujourd’hui fermée pour conservation, la grotte dispose d’une salle d’exposition présentant des fac-similés et une vidéo immersive sur la vie des chasseurs-cueilleurs de la fin de l’ère glaciaire.