Frise chronologique
17 000 à 12 000 ans AP
Période d'occupation
Période d'occupation
17 000 à 12 000 ans AP (≈ 0)
Magdalénien III, époque des gravures.
1914
Première exploration
Première exploration
1914 (≈ 1914)
Henri Lavergne explore la grotte sans découverte majeure.
1937-1938
Découverte des gravures
Découverte des gravures
1937-1938 (≈ 1938)
Péricard et Lwoff révèlent un site lithique exceptionnel.
1945
Interruption des fouilles
Interruption des fouilles
1945 (≈ 1945)
Arrêt des recherches après la loi sur les fouilles.
1953, 1957-1958
Fouilles du Dr Pradel
Fouilles du Dr Pradel
1953, 1957-1958 (≈ 1956)
Examen des déblais et de la couche archéologique.
1970
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1970 (≈ 1970)
Protection officielle après pose de grilles.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Grotte de La Marche contenant un gisement préhistorique (cad. AD 30 à 32 ; AH 90) : classement par arrêté du 7 avril 1970
Personnages clés
| Henri Lavergne - Explorateur initial |
Première exploration en 1914. |
| Léon Péricard - Fouilleurs et découvreur |
Découvre la grotte en 1937. |
| Stéphane Lwoff - Fouilleurs et découvreur |
Collabore avec Péricard et Breuil. |
| Henri Breuil - Préhistorien expert |
Confirme l'authenticité des gravures. |
| Jean Airvaux - Archéologue |
Reprend les fouilles dans les années 1980. |
| Léon Pales - Chercheur |
Étudie les pierres gravées avec Tassin. |
| Marie Tassin de Saint-Péreuse - Chercheuse |
Analyse les gravures avec Pales. |
Origine et histoire
La grotte de la Marche est une grotte préhistorique située à Lussac-les-Châteaux, dans la Vienne, en Nouvelle-Aquitaine. Elle est l'un des sites archéologiques les plus importants pour les gravures sur pierre de l'époque magdalénienne (Paléolithique supérieur, vers 17 000 à 12 000 ans AP). Elle a livré des plaques de calcaire sculptées reposant dans la couche archéologique du Magdalénien III, selon la classification d'Henri Breuil. Les sagaies de Lussac-Angles, typiques de cette période, y ont également été découvertes.
La grotte est explorée pour la première fois en 1914 par Henri Lavergne, qui n'y trouve que quelques outils de silex. En 1937-1938, Léon Péricard et Stéphane Lwoff, accompagnés plus tard par Henri Breuil, y découvrent un site lithique exceptionnel, incluant des pierres gravées. Breuil confirme l'authenticité des gravures, et les fouilles se poursuivent jusqu'en 1945, avant d'être interrompues par la loi sur les fouilles.
Les recherches reprennent dans les années 1950 et 1980, notamment par Jean Airvaux et le Dr Pradel. En 1970, la grotte est classée Monument Historique après la pose de grilles pour la protéger. Elle a livré une collection unique de 1 512 plaques gravées, conservées au Musée de l'Homme et au musée de la préhistoire de Lussac-les-Châteaux. Ces œuvres, analysées par Léon Pales et Marie Tassin de Saint-Péreuse, révèlent des figures complexes, dont un visage humain vu de face.
La grotte de la Marche est aussi connue pour ses scories volcaniques, probablement originaires du Massif Central, et ses os hyoïdes gravés, similaires à ceux trouvés dans des sites espagnols comme Tito Bustillo. Ces découvertes attestent d'échanges ou de déplacements sur de longues distances. Le site est considéré comme le plus riche en art mobilier du Magdalénien III, après El Parpalló en Espagne.
Les fouilles ont également révélé des dents de poulain gravées, caractéristiques d'un espace limité entre la Vienne et la Charente. Malgré son importance, la grotte n'a pas été protégée immédiatement, et ses inventeurs, Léon Péricard et Stéphane Lwoff, reposent au cimetière de Lussac sans hommage particulier. Aujourd'hui, elle reste un site de référence pour l'étude de l'art préhistorique et des échanges culturels du Paléolithique supérieur.