Frise chronologique
16 050 à 9 700 av. J.-C. (Tardiglaciaire)
Ramure d’antilope saïga
Ramure d’antilope saïga
16 050 à 9 700 av. J.-C. (Tardiglaciaire) (≈ 375 av. J.-C.)
Découverte dans les couches Würm IV.
~19 000 ans avant le présent
Culture Salpêtrienne
Culture Salpêtrienne
~19 000 ans avant le présent (≈ 0)
Période éponyme identifiée dans la grotte.
1872
Début des fouilles
Début des fouilles
1872 (≈ 1872)
Premières explorations archéologiques systématiques.
19 juin 1931
Classement Monument historique
Classement Monument historique
19 juin 1931 (≈ 1931)
Protection officielle du site.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Abri préhistorique de la Salpétrière : classement par arrêté du 19 juin 1931
Personnages clés
| Max Escalon de Fonton - Préhistorien |
A défini le faciès Salpêtrien (1964). |
| G. Boccaccio - Archéologue |
Études sur le Solutréen et Salpêtrien (2005). |
| Maryline Rillardon - Chercheuse |
Recherches sur l’environnement préhistorique (2010). |
| Henri Breuil - Abbé et préhistorien |
Hommage posthume dans des mélanges (1964). |
Origine et histoire
La grotte de la Salpêtrière est un abri sous roche profond situé sur la commune de Remoulins, dans le département du Gard (région Occitanie, anciennement Languedoc-Roussillon). Elle se trouve à 200 mètres en aval du pont du Gard, en rive droite, près de la limite communale avec Vers-Pont-du-Gard. Ce site est célèbre pour avoir livré l’une des stratigraphies les plus complètes du Paléolithique supérieur en Méditerranée française, couvrant des niveaux de l’Aurignacien au Chalcolithique. Il est notamment le site éponyme du Salpêtrien, une culture datée d’environ 19 000 ans avant le présent, identifiée par des fouilles archéologiques.
Les fouilles, initiées dès 1872, ont révélé des occupations humaines successives : Aurignacien, Gravettien, Solutréen, Salpêtrien, Magdalénien, Néolithique et Chalcolithique. Parmi les découvertes marquantes figure une ramure d’antilope saïga (Saiga tatarica) associée au Tardiglaciaire (Würm IV, ~16 050 à 9 700 av. J.-C.). Ces couches archéologiques témoignent d’une occupation continue et diversifiée, reflétant les adaptations des groupes humains aux changements climatiques et environnementaux de la fin de la Préhistoire.
La grotte a été classée au titre des Monuments historiques le 19 juin 1931, reconnaissant son importance scientifique. Elle n’est pas ouverte au public, préservant ainsi son intégrité pour les recherches futures. Les études menées sur place, comme celles de Max Escalon de Fonton ou G. Boccaccio, ont contribué à définir les caractéristiques techniques des industries lithiques du Solutréen supérieur et du Salpêtrien, mettant en lumière les ruptures et continuités entre ces cultures préhistoriques.
Le site s’inscrit dans un paysage karstique typique des gorges du Gardon, proche d’autres vestiges préhistoriques. Son emplacement stratégique, à proximité d’une source d’eau permanente (le Gardon) et de zones de chasse riches, explique son attraction pour les groupes paléolithiques. Les recherches récentes, comme la thèse de Maryline Rillardon (2010), ont approfondi la compréhension des stratégies de subsistance et de l’environnement des derniers chasseurs-cueilleurs de la région, du Pléniglaciaire supérieur (20 000 ans BP) à l’optimum climatique (8 000 ans BP).