Frise chronologique
1883
Découverte officielle
Découverte officielle
1883 (≈ 1883)
Fouilles initiales par David Cau-Durban.
1897
Identification des peintures
Identification des peintures
1897 (≈ 1897)
Félix Régnault repère les œuvres pariétales.
1902
Reconnaissance scientifique
Reconnaissance scientifique
1902 (≈ 1902)
Cartailhac et Breuil valident l'ancienneté paléolithique.
1910
Classement monument historique
Classement monument historique
1910 (≈ 1910)
Protection officielle de la grotte.
1931
Découverte de la conque ocre
Découverte de la conque ocre
1931 (≈ 1931)
Instrument à vent vieux de 18 000 ans.
2010
Restauration virtuelle
Restauration virtuelle
2010 (≈ 2010)
Étude publiée par Fritz et Tosello.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Grotte : classement par arrêté du 8 janvier 1910
Personnages clés
| David Cau-Durban - Fouilleur |
A révélé la grotte en 1883. |
| Félix Régnault - Préhistorien |
Identifia les peintures en 1897. |
| Émile Cartailhac - Préhistorien et propriétaire |
Valida l'ancienneté et légua la grotte. |
| Henri Breuil - Préhistorien |
Confirma l'art paléolithique en 1902. |
| Henri Begouën - Archéologue |
Fouilla le talus en 1931. |
| Carole Fritz - Chercheuse contemporaine |
Étudia l'art pariétal (publications 2000-2010). |
Origine et histoire
La grotte de Marsoulas, également appelée grotte des Fées, est une petite grotte ornée située dans la commune de Marsoulas, en Haute-Garonne, région Occitanie. Elle se distingue comme la première grotte ornée paléolithique officiellement reconnue dans les Pyrénées, abritant des peintures et gravures pariétales datant du Paléolithique supérieur. Son entrée se trouve à proximité du ruisseau du Laouin, à environ 80 km au sud de Toulouse, dans un paysage marqué par d'autres sites préhistoriques comme la grotte de Tarté et l'abri de Téoulé.
La découverte de la grotte remonte à 1883, lors des fouilles menées par David Cau-Durban. Félix Régnault y identifie des peintures et gravures en 1897, mais leur authenticité paléolithique n'est reconnue qu'en 1902, grâce à l'intervention des préhistoriens Émile Cartailhac et Henri Breuil. Ces derniers, de retour du congrès de l'Association française pour l'avancement des sciences à Montauban, confirment l'ancienneté des œuvres, marquant un tournant dans l'étude de l'art pariétal pyrénéen.
Les fouilles ultérieures, notamment celles de Félix Régnault, révèlent principalement des vestiges magdaléniens, ainsi que des traces aurignaciennes et aziliennes. En 1931, Henri Begouën et Townsend Russel explorent le talus d'entrée et découvrent un mobilier préhistorique remarquable, dont une conque de 31 cm recouverte d'ocre, interprétée comme un possible instrument à vent vieux de 18 000 ans. Cette conque, redécouverte dans les réserves du Muséum de Toulouse, soulève des hypothèses sur son usage rituel ou musical.
La grotte, classée monument historique en 1910, est acquise par Émile Cartailhac avant sa mort en 1921. Ce dernier, ainsi qu'Henri Breuil, réalisent des relevés partiels des œuvres pariétales, qui s'étendent sur une cinquantaine de mètres et représentent surtout des bisons, chevaux, cervidés et signes barbelés. L'un des bisons se distingue par un remplissage de ponctuations rouges, étudié par Marc Azéma en 2016. Malgré sa richesse, la grotte reste fermée au public pour des raisons de conservation, bien qu'un fac-similé de sa grande frise soit exposé au Parc pyrénéen de l'art préhistorique de Tarascon-sur-Ariège.
Les recherches contemporaines, menées par des experts comme Carole Fritz, Gilles Tosello, et André Leroi-Gourhan, ont permis des avancées significatives dans la compréhension de son art pariétal. Des études comme celles de Pascal Foucher en 1991, ou les restaurations virtuelles publiées en 2010, ont mis en lumière la complexité des superpositions de gravures et la diversité des techniques utilisées. La grotte de Marsoulas, bien que moins connue que Lascaux ou Niaux, occupe une place majeure dans l'histoire de l'art préhistorique des Pyrénées.