Origine et histoire de la Grotte de Néron
La grotte de Néron, aussi appelée baume Néron, est un site préhistorique majeur situé sur la commune de Soyons, dans le département de l’Ardèche, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Découverte en 1869 par Ludovic-Napoléon Lepic et Jules Sonier de Lubac lors d’une partie de chasse, elle doit son nom au chien Néron, qui pénétra le premier dans la cavité par une entrée discrète. La grotte, creusée dans une éminence calcaire dominant la vallée du Rhône de 95 mètres, fait partie d’un ensemble de sept cavités archéologiques du serre de Guercy.
Les premières fouilles, menées dès 1869, révélèrent une industrie lithique moustérienne et une occupation humaine remontant au Paléolithique moyen. Plusieurs campagnes de fouilles se succédèrent au XXe siècle, notamment entre 1915-1919 et dans les années 1930, mais leurs résultats furent peu publiés. Les fouilles scientifiques de 1950 (publiées en 1951) et de 1990-1991 (publiées en 1992) permirent de préciser la stratigraphie du site, mettant en évidence trois phases d’occupation humaine au Paléolithique, encadrées par des périodes d’utilisation par des grands carnivores (ours, hyènes, félins).
Le site livra une industrie lithique remarquable, avec deux niveaux moustériens et un niveau de transition nommé Néronien par Ludovic Slimak en 2004. Ce faciès culturel, caractérisé par des outils élancés comme les « pointes de Soyons », est considéré comme une industrie de transition entre le Moustérien et l’Aurignacien, potentiellement associée à Homo sapiens. Les fouilles de 1990-1991 révélèrent également deux dents humaines néandertaliennes, datées de 71 000 à 57 000 ans, premières preuves de la présence de Néandertaliens dans la vallée du Rhône.
Classée monument historique en 1965 pour son gisement archéologique, la grotte fut aménagée et ouverte au public en 1999. Les visites, possibles d’avril à octobre, incluent des reconstitutions d’occupants néandertaliens et de faune préhistorique (ours, lions, hyènes). Le site voisin du trou du Renard, également accessible, complète la découverte avec ses concrétions calcaires (stalactites, stalagmites) et ses traces d’occupation paléolithique.
La grotte de Néron illustre ainsi l’évolution des cultures préhistoriques dans le Sud-Est de la France, tout en offrant un témoignage exceptionnel des interactions entre humains et grands prédateurs durant le Pléistocène. Son étude a contribué à enrichir les connaissances sur les industries lithiques de transition et sur la coexistence entre Homo neanderthalensis et Homo sapiens en Europe.