Origine et histoire de la Grotte des Escabasses
La grotte des Escabasses, située dans le département du Lot sur la commune de Thémines, est une grotte ornée préhistorique découverte dans un contexte karstique typique du causse de Gramat. Son entrée, obstruée par des éboulis, s’ouvre au fond d’une doline appelée « cloup des Escabasses ». La grotte se compose de plusieurs salles et galeries, dont la galerie du petit cheval (abritant des peintures rupestres) et la galerie Canet (où une gravure de palmipède a été mise au jour). Bien que propriété privée, elle est protégée au titre des monuments historiques depuis 1968.
Les premières explorations archéologiques remontent aux années 1920, avec des sondages menés par André Niederlender et Raymond Lacam en 1929. Ces fouilles ont révélé des artefacts datés de l’âge du bronze, de l’âge du fer et de la période gallo-romaine, attestant d’une occupation multiséculaire. Cependant, ce sont les spéléologues G. Canet, J.-P. Bourdon de Rueyres et Michel Lorblanchet qui, en 1962, découvrirent les peintures préhistoriques, dont un panneau représentant deux chevaux et un animal poilu. Une gravure de palmipède, profondément incisée, fut également identifiée par G. Canet en 1961 dans un boyau terminal.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la grotte servit de refuge aux maquisards, ajoutant une dimension historique moderne à son héritage préhistorique. Les œuvres rupestres, bien que partiellement érodées, sont attribuées à une période comprise entre le Gravettien et le Magdalénien ancien (Paléolithique supérieur). La grotte, bien que non accessible au public, reste un site majeur pour l’étude de l’art pariétal en Quercy, comme en témoignent les publications scientifiques de Michel Lorblanchet et d’autres chercheurs.
La configuration géologique de la grotte, avec ses galeries étroites et ses salles aux stalagmites, reflète les processus karstiques caractéristiques du causse de Gramat. Proche de la grotte de Roucadour (à 2 km), elle s’inscrit dans un réseau de cavités préhistoriques riches en vestiges. Son classement en 1968 souligne son importance patrimoniale, malgré son statut de propriété privée et son inaccessibilité au grand public.
Les objets découverts lors des sondages (tessons de poterie, pendeloques, poinçons en os) révèlent une occupation humaine discontinue, du Mésolithique à l’époque gallo-romaine. Les peintures et gravures, bien que fragiles, offrent un témoignage rare des expressions artistiques des chasseurs-cueilleurs du Paléolithique dans le sud-ouest de la France. Les études menées depuis les années 1960 ont permis de documenter ces œuvres, tout en soulignant les défis de leur conservation dans un milieu souterrain instable.