Origine et histoire
La grotte du Figuier, grotte ornée située sur la commune de Saint‑Martin‑d'Ardèche en Ardèche, associe un important gisement archéologique et des décors pariétaux. Le site présente des strates du Moustérien et du Paléolithique supérieur, notamment des niveaux aurignaciens, solutréens et magdaléniens. Des fouilles y sont conduites depuis 1878, mais les gravures pariétales n'ont été signalées qu'en 1906 par le docteur Paul Raymond, qui les recherchait après avoir étudié la grotte Chabot. Ses relevés furent d'abord contestés et interprétés comme de simples fissures naturelles. En 1928, Henri Breuil authentifia les gravures et les rattacha au Périgordien supérieur. Jean Combier réalisa le premier relevé en 1950 ; une étude d'ensemble fut publiée par E. Drouot et P. Huchard en 1958, puis L. Chabredier fit un nouveau calque en 1966. La grotte a été inscrite au titre des monuments historiques et classée ensuite ; elle n'est pas accessible au public.
La cavité s'ouvre au sud à 85 mètres d'altitude, sur la rive gauche de l'Ardèche, à 2,5 km au nord‑ouest du bourg de Saint‑Martin‑d'Ardèche. Elle est précédée d'une longue terrasse partiellement abritée et dotée d'un vaste porche voûté d'environ 15 mètres, qui s'ouvre sur une grande salle rectangulaire d'environ 150 m² dont le sol remonte vers le nord. Le plafond de cette salle comporte une ouverture naturelle qui a servi d'exutoire aux eaux du plateau pendant la période postglaciaire, à l'origine de remplissages cryoclastiques visibles sur la terrasse et au fond de la grotte. Le fond donne sur une galerie profonde composée d'une première salle d'environ 12 mètres de long et d'un diverticule de 25 mètres qui débouche à l'extérieur par une étroite diaclase.
Les couches fouillées dans le vaste porche ont livré des occupations moustériennes de type Quina oriental, des ensembles aurignaciens comprenant lames aurignaciennes et lamelles Dufour, des niveaux solutréens avec pointes à face plane et feuilles de laurier, ainsi que du Magdalénien supérieur avec sagaies à doubles biseaux et à cannelure. Dans une galerie, a été mise au jour la sépulture d'un enfant d'environ cinq ans, couverte d'ocre et accompagnée d'une coquille perforée de Glycymeris, attribuée au Magdalénien.
Les gravures se situent vers le fond de la grande salle, sur les parois ouest et nord ; la paroi orientale, bien que dépourvue de gravures, a été fortement affectée par la gélifraction. Leur lecture est rendue difficile par la dégradation du support rocheux, des recouvrements stalagmitiques et leur position en hauteur. Le premier panneau, à gauche en entrant, forme une bande gravée de 2,5 mètres sur 0,8 à 1 mètre, dont la surface craquelée évoque une argile desséchée avec des fissures larges de 1 à 2 cm ; la figure principale y est un bison d'environ 50 cm semblant grimper vers le fond, accompagné de quatre autres animaux dont au moins deux bisons et un mammouth. Le second panneau comporte un grand mammouth d'environ 1 m de haut sur 1,10 m de large, partiellement recouvert d'un voile stalagmitique ; d'autres gravures y sont incomplètes ou trop dégradées pour une identification certaine, dont une grande figure de 0,75 m que différents auteurs proposent d'identifier comme bouquetin, cheval ou bison. Le dernier panneau présente un enchevêtrement de traits parmi lesquels se distinguent quatre figures, dont un probable petit cheval de 25 cm et une grande silhouette dressée de 80 cm dont la tête a disparu. Le style des gravures est homogène et montre des affinités avec les représentations des grottes voisines telles que Chabot et Oullins, et plusieurs spécialistes les rattachent au Paléolithique supérieur.