Frise chronologique
1,15 million d’années
Datation des outils
Datation des outils
1,15 million d’années (≈ 500)
Plus anciens de France (uranium-plomb).
1958
Découverte du site
Découverte du site
1958 (≈ 1958)
Par Marianne Van Klaveren, 8 ans.
1962
Début des fouilles
Début des fouilles
1962 (≈ 1962)
Dirigées par Henry de Lumley.
2004
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
2004 (≈ 2004)
Arrêté du 28 avril.
2017
Nouvelle datation scientifique
Nouvelle datation scientifique
2017 (≈ 2017)
Méthode uranium-plomb publiée.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La parcelle AL 6, lieudit Lascasa, sur laquelle s'ouvre la grotte, en totalité : classement par arrêté du 28 avril 2004
Personnages clés
| Marianne Van Klaveren - Découvreuse du site |
Enfant de 8 ans en 1958. |
| René Pascal - Préhistorien amateur |
Alerté par Marianne Van Klaveren. |
| Henry de Lumley - Archéologue directeur des fouilles |
À partir de 1962. |
| Pierre-Elie Moullé - Successeur de H. de Lumley |
Conservateur du musée de Menton. |
| Louis Barral - Historien impliqué |
Parmi les premiers experts consultés. |
Origine et histoire
La grotte du Vallonnet a été découverte en 1958 par une enfant de 8 ans, Marianne Van Klaveren, qui y recueillait des morceaux de calcite. Elle alerta René Pascal, préhistorien amateur, puis des experts comme Louis Barral. Les fouilles systématiques, dirigées par Henry de Lumley à partir de 1962, révélèrent des outils en pierre taillée (oldowayens) et des ossements d’animaux datant de 1,15 million d’années, faisant de ce site l’un des plus anciens de France.
La grotte, située à 110 mètres d’altitude au-dessus de la baie de Menton, présente cinq couches sédimentaires distinctes. La couche III (vers 1 million d’années) est la plus riche : elle contient des outils lithiques (111 pièces en calcaire, grès ou silex) et des ossements de 25 espèces de mammifères (ours des cavernes, tigre à dents de sabre, éléphant méridional). Les humains, probablement des charognards, y brisaient des os pour en extraire la moelle, sans trace de feu ni d’habitation permanente.
Les datations combinent paléomagnétisme (période Jaramillo) et uranium-plomb (2017), confirmant l’âge des outils entre 1,2 et 1,1 million d’années. La grotte, classée Monument Historique en 2004, illustre aussi des variations climatiques majeures : la couche II (plus de 1,05 Ma) révèle un environnement marin tropical avec des coquillages, tandis que la couche IV (900 000–890 000 ans) montre un climat humide et frais.
Le site était fréquenté par des grands prédateurs (hyènes, panthères) qui y apportaient des carcasses d’herbivores (cerfs, bisons, rhinocéros). Les humains exploitaient ces restes avec des outils rudimentaires, sans chasse organisée. Aucune trace de vie sédentaire n’y a été trouvée, suggérant des visites ponctuelles. La grotte reste un témoin exceptionnel des premières occupations humaines en Europe.