Frise chronologique
Fin du Néolithique
Construction des hypogées
Construction des hypogées
Fin du Néolithique (≈ 2770 av. J.-C.)
Création des tombes collectives creusées.
1806
Première découverte
Première découverte
1806 (≈ 1806)
Tombes mises au jour au lieu-dit les Tombeaux.
1852
Découverte de la seconde tombe
Découverte de la seconde tombe
1852 (≈ 1852)
Puits funéraire avec 48 squelettes.
1854
Destruction des premières tombes
Destruction des premières tombes
1854 (≈ 1854)
Disparition lors de la construction d’un pressoir.
1866
Description par l’abbé Barré
Description par l’abbé Barré
1866 (≈ 1866)
Publication des observations sur les tombes.
1921-1922
Fouilles des hypogées II à IV
Fouilles des hypogées II à IV
1921-1922 (≈ 1922)
Découverte près du château de Saran.
10 mars 1961
Classement monument historique
Classement monument historique
10 mars 1961 (≈ 1961)
Protection de la grotte Saran IV.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Grotte néolithique, dite "Saran IV" (cad. D 533) : classement par arrêté du 10 mars 1961
Personnages clés
| Abbé Barré - Historien local |
A décrit les tombes en 1866. |
Origine et histoire
Les grottes de Saran, ensemble d’hypogées néolithiques, furent découvertes à Chouilly (Marne) dès 1806. Deux tombes, détruites en 1854, furent décrites en 1866 par l’abbé Barré : la première, elliptique, contenait 30 squelettes et des outils en silex ; la seconde, en forme de puits, abritait 48 squelettes et des objets en os, céramique et bois pétrifié. Ces sépultures collectives, orientées sud-est, illustrent les pratiques funéraires de la fin du Néolithique.
En 1921-1922, quatre nouvelles tombes (II à IV) furent mises au jour près du château de Saran. L’hypogée IV, classé en 1961, se distingue par un bas-relief énigmatique (tige surmontée d’une rosace), interprété comme une fleur ou un symbole solaire. Les trois hypogées, alignés et creusés dans la craie, comportent des salles en enfilade, avec des traces d’outils sur les parois. Leur accès, obstrué par de la craie et du charbon, suggérait une fermeture ritualisée.
Les fouilles révélèrent des squelettes enchevêtrés (une trentaine au total) et un mobilier funéraire modeste : parures (ambre, émeraude, coquillages), lames de silex, et pointes de flèche. Les hypogées I, II et III contenaient des dépôts osseux et des artefacts locaux (silex des falaises, coquillages tertiaires). L’hypogée IV, moins riche, livra seulement trois squelettes. Ces découvertes témoignent d’une communauté néolithique organisée, utilisant des matériaux disponibles localement pour ses rites funéraires.
La première salle des hypogées, souvent vide, pourrait avoir servi de lieu de cérémonie plutôt que de dépôt funéraire. Les objets en bois pétrifié et les outils en os de cerf soulignent l’artisanat et les échanges de l’époque. La tête sculptée de mouton, trouvée dans l’hypogée II, et les anneaux en craie ou ambre révèlent une symbolique complexe, peut-être liée à des croyances ou à un statut social.
L’abbé Barré, en 1866, documenta les premières découvertes, mais la plupart des artefacts avaient déjà disparu. Les fouilles ultérieures (1921-1922) permirent une étude plus systématique, bien que limitée par l’état de conservation des ossements. Le classement de la grotte IV en 1961 consacre son importance patrimoniale, malgré la destruction partielle du site au XIXe siècle.