Frise chronologique
1856
Découverte initiale
Découverte initiale
1856 (≈ 1856)
Alfred Fontan signale os et silex à Lartet.
1861
Classification préhistorique
Classification préhistorique
1861 (≈ 1861)
Lartet publie sa chronologie basée sur Massat.
22 septembre 1957
Découverte des gravures
Découverte des gravures
22 septembre 1957 (≈ 1957)
Jacques Paloumé identifie la galerie ornée.
20 novembre 1974
Classement monument historique
Classement monument historique
20 novembre 1974 (≈ 1974)
Protection officielle de la grotte ornée.
1991
Protection biotope (APPB)
Protection biotope (APPB)
1991 (≈ 1991)
Interdiction d’accès printanier et estival.
2012
Intégration Natura 2000
Intégration Natura 2000
2012 (≈ 2012)
Protection de la biodiversité souterraine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Grotte ornée paléolithique (cad. K 5) : classement par arrêté du 20 novembre 1974
Personnages clés
| Édouard Lartet - Préhistorien |
Établit la chronologie préhistorique via Massat. |
| Alfred Fontan - Découvreur |
Signale le site à Lartet en 1856. |
| Jacques Paloumé - Spéléologue |
Découvre les gravures en 1957. |
| René Gailli - Préhistorien |
Étudie et publie les relevés des gravures. |
| Félix Garrigou - Fouilleur local |
Trouve des objets gravés au XIXe siècle. |
Origine et histoire
La grotte ornée paléolithique du Rocher de Ker, située à Massat en Ariège (Occitanie), est un site archéologique majeur du Magdalénien (Paléolithique supérieur). Elle fut la première grotte ariégeoise à révéler des vestiges préhistoriques, jouant un rôle central dans l’établissement des classifications chronologiques de la préhistoire par Édouard Lartet en 1861. Ses gravures, découvertes en 1957, et son abondant mobilier (outils en silex, os gravés, restes de faune) en font un témoignage exceptionnel des occupations humaines et animales il y a plus de 12 000 ans.
Le site comprend plusieurs cavités, dont la grotte de la Campagnole (ou grotte inférieure) et la grotte supérieure, riche en ossements d’ours des cavernes (Ursus spelaeus). Classée monument historique en 1974, la grotte est aussi protégée depuis 1991 pour sa faune souterraine (chauves-souris, desman des Pyrénées), intégrée au réseau Natura 2000 en 2012. Son porche, à 620 m d’altitude, domine la rivière Arac, dans un paysage karstique marqué par des falaises calcaires et des galeries superposées.
La découverte en 1856 par Alfred Fontan d’os et de silex taillés, suivie des fouilles d’Édouard Lartet, révélèrent des objets emblématiques comme un andouiller de cerf gravé d’une tête d’ours. Ces trouvailles alimentèrent les débats sur l’ancienneté de l’humanité, opposant créationnistes et évolutionnistes. Au XIXe siècle, le Ker servit aussi de refuge aux prêtres réfractaires et d’ermitage, laissant des traces comme l’oratoire Saint-Branda près du sommet.
Les gravures de la galerie ornée, mises au jour en 1957 par Jacques Paloumé, représentent des figures animales (ours, herbivores) et des motifs abstraits. Leur étude, interrompue par la mort de Paloumé en 1967, fut reprise par René Gailli et Claude Barrière. La grotte, propriété communale, reste partiellement accessible hors périodes de protection des chauves-souris (1er mars au 30 septembre).
Le Ker de Massat, terme occitan signifiant « tête de rocher », est un massif calcaire du Crétacé inférieur, modelé par l’érosion karstique. Outres ses grottes, le site conserve des vestiges historiques comme la cabane de la Nabasse, liée à son passé d’ermitage et de refuge. Aujourd’hui, il allie patrimoine préhistorique, biodiversité remarquable et pratiques sportives (escalade).