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Grotte préhistorique de la Cauna à Belvis dans l'Aude

Aude

Grotte préhistorique de la Cauna

    140 Les Faiches
    11340 Belvis

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1900
2000
3500
35424 ans ± 1140 avant le présent
Datation couche 7
1969 (juillet)
Découverte de la gravure d’oiseau
1969–1979
Fouilles de Dominique Sacchi
31 octobre 1989
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui
34000 à 36000 avant le présent
Occupation châtelperronienne

Patrimoine classé

Grotte préhistorique de la Cauna (cad. E 658) : inscription par arrêté du 31 octobre 1989

Personnages clés

Dominique Sacchi - Archéologue Dirigea les fouilles de 1969 à 1979.
Jean-Pierre Clément - Découvreur Trouva la gravure d’oiseau en 1969.

Origine et histoire

La grotte de la Cauna, aussi appelée grotte de la Caune, est un site préhistorique situé à Belvis, dans le département de l’Aude (Occitanie). Elle se trouve à 500 m à l’est du village, à 960 m d’altitude, sur le flanc nord de la plaine du ruisseau des Taillades. Son nom, attesté dès 1213, provient du terme occitan cauna, désignant une grotte, qu’elle soit fortifiée ou non. Le site domine un talus abrupt, avec une entrée orientée au sud ouvrant sur une grande salle se terminant par un boyau court.

Les fouilles menées par Dominique Sacchi entre 1969 et 1979 ont révélé une stratigraphie riche, avec des couches attribuées au Magdalénien supérieur (couches 1 à 4) et au Châtelperronien (couches 7 à 10, datées entre 34 000 et 36 000 ans avant le présent). La couche 7 a livré une soixantaine de pièces lithiques moustériennes et des ossements datés à 35 424 ans ± 1 140 ans. Parmi les découvertes majeures figure une côte gravée d’un échassier, mise au jour en 1969 dans les niveaux magdaléniens, ainsi que des têtes de harpons à barbelures bilatérales typiques du Magdalénien VI.

Le site est géologiquement lié aux faciès calcaires du Crétacé inférieur des Pyrénées nord-orientales. Son avant-porche et sa salle, couvrant environ 65 m2, étaient protégés par une haute voûte et bénéficiaient d’une bonne luminosité. La grotte a été classée monument historique en 1989 pour son importance archéologique, illustrant les occupations humaines successives durant le Paléolithique supérieur. Les vestiges fauniques et lithiques témoignent de son utilisation comme abri et lieu de vie par les groupes préhistoriques.

La toponymie du site reflète son ancrage linguistique occitan, tandis que sa localisation en pays de Sault, à la limite des influences pyrénéennes et méditerranéennes, en fait un point stratégique pour l’étude des déplacements humains préhistoriques. Les couches stériles (5 et 6) suggèrent des périodes d’abandon ou des conditions environnementales défavorables, contrastant avec les occupations intenses des phases châtelperronienne et magdalénienne.

L’art mobilier découvert, notamment la gravure d’oiseau, est exceptionnel par sa rareté dans l’art quaternaire. Cette représentation, interprétée comme un grand échassier au cou sinueux et aux pattes écartées, a été étudiée par Dominique Sacchi et Jean-Pierre Clément. Elle est aujourd’hui conservée au dépôt de fouilles de Carcassonne. Les recherches récentes, comme celles publiées en 2020, utilisent la caractérisation géochimique des outils en silex pour retracer les routes empruntées par les groupes paléolithiques dans la région.

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