Frise chronologique
Avant 300 000 ans
Formation de la grotte
Formation de la grotte
Avant 300 000 ans (≈ 0)
Datation liée à la capture de la Moselle.
XVIIIe siècle
Première occupation connue
Première occupation connue
XVIIIe siècle (≈ 1850)
Ermitage puis atelier de patins.
1861
Première citation écrite
Première citation écrite
1861 (≈ 1861)
Mention par Henri Lepage.
1863–1864
Explorations de Nicolas Husson
Explorations de Nicolas Husson
1863–1864 (≈ 1864)
Découverte d’ossements et artefacts.
24 février 1910
Classement monument historique
Classement monument historique
24 février 1910 (≈ 1910)
Protection des grottes dites Trou de Sainte-Reine.
1990–2003
Datation par Benoît Losson
Datation par Benoît Losson
1990–2003 (≈ 1997)
Étude de la capture de la Moselle.
2008
Découverte de la Salle 33
Découverte de la Salle 33
2008 (≈ 2008)
Nouvelle galerie ouverte par l’USAN.
2016–2020
Désobstruction de la galerie Rat-Lynx
Désobstruction de la galerie Rat-Lynx
2016–2020 (≈ 2018)
Preuves de galeries tridimensionnelles.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Grottes dites Trou de Sainte-Reine : classement par arrêté du 24 février 1910
Personnages clés
| Nicolas Husson (°1814 – †1890) - Pharmacien et explorateur |
Premières fouilles et plans (1863–1864). |
| Camille Husson (°1843 – †1886) - Fils de Nicolas, collaborateur |
Aide aux explorations et relevés. |
| Dominique-Alexandre Godron (°1807 – †1880) - Scientifique et archéologue |
Analyse des ossements préhistoriques. |
| Ernest Brésillon et Charles Deschamps - Explorateurs (fin XIXe) |
Travaux de désobstruction et plan 1891. |
| Édouard-Alfred Martel - Spéléologue |
Reprise du plan en 1894. |
| Benoît Losson - Géographe et doctorant |
Datation >300 000 ans (années 1990). |
Origine et histoire
La grotte Sainte-Reine, aussi appelée Trou de Sainte-Reine, est une cavité naturelle située sur la rive droite de la Moselle, à Pierre-la-Treiche (Meurthe-et-Moselle). Formée dans un endokarst recoupé par l’encaissement de la rivière, elle fut partiellement comblée par les alluvions avant la capture de la Moselle par la Meurthe. Son importance archéologique fut reconnue dès le XIXe siècle, avec la découverte d’ossements d’ours des cavernes, de hyènes, et d’outils préhistoriques comme des silex taillés ou une amulette en bois de cerf. Classée monument historique en 1910, elle est la deuxième plus grande grotte du département, avec un développement de 1 260 mètres.
L’exploration systématique de la grotte débuta au milieu du XIXe siècle, menée par le pharmacien Nicolas Husson et son fils Camille. Ils y découvrirent des restes d’animaux préhistoriques (mâchoires, fémurs, dents) et des artefacts humains, analysés par des scientifiques comme Dominique-Alexandre Godron et Paul Gervais. Les fouilles révélèrent aussi des objets d’époque romaine, dont un vase en verre bleu émaillé. Au tournant du XXe siècle, Ernest Brésillon et Charles Deschamps publièrent un plan détaillé, repris par Édouard-Alfred Martel, tandis que des spéléologues du XXe siècle (comme l’USAN et l’ASHM) étendirent le réseau connu, découvrant de nouvelles galeries comme la Salle 33 (2008) ou la galerie Rat-Lynx (2016–2020).
La grotte tire son nom d’une légende locale évoquant une « sainte reine », peut-être une femme de chef celte, gallo-romaine ou franque, dont le corps aurait été caché dans la cavité. Occupée dès le XVIIIe siècle (un ermitage y était installé), elle fut citée en 1861 par Henri Lepage dans son Dictionnaire géographique de la Meurthe. Les recherches récentes, comme celles de Benoît Losson dans les années 1990, ont permis de dater les grottes à plus de 300 000 ans, liant leur formation à la capture géologique de la Moselle. Le site abrite aussi une faune troglophile rare, étudiée depuis le XIXe siècle, incluant des collemboles, des isopodes (Cæcosphæroma burgundum), et des araignées comme Meta menardi.
Classée en totalité (sauf quelques zones en classe 2), la grotte Sainte-Reine est propriété de la commune de Pierre-la-Treiche. Son exploration continue de révéler des vestiges archéologiques et des phénomènes karstiques, tout en offrant un témoignage exceptionnel de la préhistoire lorraine et des interactions entre l’homme, la faune, et les transformations géologiques de la vallée de la Moselle.