Frise chronologique
Paléolithique
Période de création
Période de création
Paléolithique (≈ 1505000 av. J.-C.)
Datation des grottes et vestiges
27 000 ans AP
Phase gravettienne
Phase gravettienne
27 000 ans AP (≈ 0)
Mains négatives et tracés digitaux.
19 000 ans AP
Phase solutréenne/épigravettienne
Phase solutréenne/épigravettienne
19 000 ans AP (≈ 0)
Peintures animales et signes symboliques.
entre 33 000 et 18 500 ans avant le présent
Fréquentation préhistorique
Fréquentation préhistorique
entre 33 000 et 18 500 ans avant le présent (≈ 500)
Période d'occupation et réalisations pariétales.
1985-1991
Découverte par Henri Cosquer
Découverte par Henri Cosquer
1985-1991 (≈ 1988)
Exploration du boyau sous-marin.
2 septembre 1992
Classement historique
Classement historique
2 septembre 1992 (≈ 1992)
Protection des grottes et vestiges
juin 2022
Ouverture de la réplique
Ouverture de la réplique
juin 2022 (≈ 2022)
Fac-similé accessible à la Villa Méditerranée.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La parcelle et l'ensemble des vestiges archéologiques qu'elle contient et notamment les grottes Cosquer, de la Triperie, du Figuier, du Renard et leurs réseaux (cad. K 111) : classement par arrêté du 2 septembre 1992
Personnages clés
| Henri Cosquer - Plongeur découvreur |
Signala la grotte en 1991. |
| Jean Clottes - Préhistorien expert |
Authentifia les peintures en 1991. |
| Jean Courtin - Préhistorien et plongeur |
Participa à la première expertise. |
| Luc Vanrell - Archéologue responsable |
Dirigea les campagnes 2001-2015. |
| Marc Van Espen - Plongeur spéléologue belge |
Explora le boyau avec Cosquer. |
| Kléber Rossillon - Gestionnaire de la réplique |
Ouvre le fac-similé au public. |
Origine et histoire
Les grottes Cosquer, de la Triperie, du Figuier et du Renard, situées dans les calanques de Marseille (9ème), constituent un ensemble archéologique majeur du Paléolithique supérieur. La grotte Cosquer, découverte en 1991 par le plongeur Henri Cosquer, se distingue par son entrée sous-marine unique, située à 37 mètres de profondeur. Ses peintures rupestres, datées entre 33 000 et 18 500 ans avant notre ère, en font un témoignage exceptionnel de l’art pariétal gravettien et solutréen, avec 65 mains négatives et 177 représentations animales, dont 16 espèces marines rares comme des phoques ou des pingouins.
La grotte a été fréquentée lors de deux phases distinctes : une première occupation vers 27 000 ans (Gravettien), marquée par des mains en pochoir, et une seconde vers 19 000 ans (Solutréen/Épigravettien), riche en figures animales. Son accès était possible à pied sec durant la dernière glaciation, lorsque le niveau de la Méditerranée était 120 mètres plus bas. Classée monument historique en 1992 avec les trois autres grottes du secteur, elle est aujourd’hui protégée par une grille sous-marine et interdite d’accès pour préserver son patrimoine et éviter de nouveaux accidents, comme celui de 1991 qui coûta la vie à trois plongeurs.
La découverte de la grotte fut le fruit d’une collaboration entre Henri Cosquer et des plongeurs spéléologues belges, les frères Van Espen, qui explorèrent son boyau noyé en 1990-1991. Les premières expertises, menées par les préhistoriens Jean Clottes et Jean Courtin, confirmèrent son authenticité malgré des doutes initiaux. Entre 2001 et 2015, des campagnes archéologiques dirigées par Luc Vanrell (DRAC PACA/LAMPEA) permirent d’étudier ses 517 figurations pariétales et son contexte géologique, révélant son statut d’ancienne résurgence karstique.
Une réplique partielle de la grotte, créée à partir de scans 3D haute précision, a ouvert au public en juin 2022 dans la Villa Méditerranée à Marseille. Ce fac-similé, géré par Kléber Rossillon, permet de découvrir ses chefs-d’œuvre sans risquer de dégrader l’original, menacé par la montée des eaux. Avec 809 196 visiteurs en un an, ce site est devenu un atout touristique majeur, tout en perpétuant la mémoire d’un patrimoine préhistorique fragile et unique au monde.
Le litige entre Henri Cosquer et le ministère de la Culture, porté sur l’indemnisation de la découverte, illustre les enjeux juridiques et éthiques liés à la protection des sites archéologiques. Parallèlement, une seconde entrée secrète, appelée « chatière », explorée dès les années 1990 mais révélée seulement en 2025, souligne les défis de préservation face aux risques d’intrusion. La grotte reste un sujet d’étude pour les chercheurs, notamment sur les motivations rituelles ou symboliques de ses peintures.
Le contexte géologique des calanques marseillaises, marqué par des calcaires urgoniens et des phénomènes karstiques, explique la formation de ces cavités. La grotte Cosquer, comme l’exsurgence de Port-Miou, témoigne des variations passées du niveau marin, ayant transformé une galerie sèche en site submergé. L’absence de vestiges d’habitation permanente suggère des visites ponctuelles, peut-être liées à des pratiques cérémoniales ou artistiques, dans un environnement aujourd’hui inaccessible sans équipement de plongée spécialisé.
Devenir actuel
La grotte n'est pas ouverte au public et son entrée a été barrée par des blocs de béton afin de la préserver et de prévenir les accidents.