Crédit photo : Original by Félix Régnault (Born in 1847 - Dead in - Sous licence Creative Commons
Frise chronologique
~27 000 ans BP
Datation des esquilles osseuses
Datation des esquilles osseuses
~27 000 ans BP (≈ 0)
Fréquentation Aurignacien/Gravettien ancien confirmée.
1575
Première mention écrite
Première mention écrite
1575 (≈ 1575)
Citée par François de Belleforest.
1758
Description détaillée
Description détaillée
1758 (≈ 1758)
Rédigée par Marc-François de Lassus.
1884-1887
Fouilles de Félix Régnault
Fouilles de Félix Régnault
1884-1887 (≈ 1886)
Découverte des « oubliettes » et ossements.
1906
Découverte des empreintes
Découverte des empreintes
1906 (≈ 1906)
Mains négatives identifiées par Régnault.
9 avril 1910
Classement Monument historique
Classement Monument historique
9 avril 1910 (≈ 1910)
Protection officielle du site.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Grotte de Gargas : classement par arrêté du 9 avril 1910
Personnages clés
| François de Belleforest - Chroniqueur |
Première mention écrite en 1575. |
| Marc-François de Lassus - Descripteur |
Détaille la grotte en 1758. |
| Félix Régnault - Archéologue |
Découvre ossements et empreintes (1884-1906). |
| Émile Cartailhac - Préhistorien |
Fouilles scientifiques fin XIXe siècle. |
| Henri Breuil - Archéologue |
Étudie les mains « mutilées ». |
| Jean Clottes - Spéléologue |
Analyse esquilles osseuses en 1991. |
Origine et histoire
Les grottes de Gargas, situées sur la commune d’Aventignan dans les Hautes-Pyrénées, sont l’une des plus célèbres grottes ornées du Paléolithique supérieur en Europe. Elles abritent 231 empreintes de mains négatives, réalisées par la technique du pochoir, dont près de la moitié présentent des doigts réduits à une phalange (sauf le pouce). Ces représentations, rouges ou noires, datent potentiellement de l’Aurignacien tardif ou du Gravettien ancien (~27 000 ans BP), selon une datation au carbone 14 effectuée sur des esquilles osseuses. Les hypothèses sur les doigts incomplets incluent des mutilations rituelles, des pathologies (lèpre, maladie de Raynaud), ou une signification symbolique comme un code ou une signature de clan.
La grotte, occupée du Moustérien au Moyen Âge, révèle aussi des traces d’ours et une industrie lithique variée (pointes de Châtelperron, grattoirs). Après une longue période d’inaccessibilité post-Gravettien, elle est réinvestie au XVe siècle, comme en témoignent des graffitis et des croix. Mentionnée dès 1575 par François de Belleforest, elle est décrite en détail en 1758 par Marc-François de Lassus. Les fouilles scientifiques débutent à la fin du XIXe siècle, avec des découvertes majeures comme les « oubliettes » (ossements du Quaternaire) et les empreintes de mains en 1906 par Félix Régnault.
Les peintures et gravures pariétales représentent principalement des chevaux, bisons, aurochs, bouquetins et mammouths, accompagnés de signes. La grotte, classée Monument historique en 1910, est aujourd’hui ouverte au public avec un accès régulé pour sa conservation. Son art pariétal, notamment les mains « mutilées », a suscité de nombreuses interprétations, tandis que son occupation préhistorique atteste d’une fréquentation humaine et animale intense pendant des millénaires.
Les traces médiévales, comme les graffitis et formules chrétiennes, montrent une réappropriation symbolique du lieu après sa redécouverte. Les recherches du XXe siècle, menées par des figures comme É. Cartailhac et H. Breuil, ont confirmé son importance pour comprendre l’art et les pratiques rituelles du Paléolithique. La grotte reste un témoignage exceptionnel des cultures préhistoriques, alliant art, symbolisme et vie quotidienne dans un même espace souterrain.
La protection du site, effective depuis 1910, reflète sa valeur patrimoniale. Le tourisme, initié dès le XIXe siècle, est aujourd’hui encadré pour préserver les peintures et gravures, tout en permettant au public de découvrir ce joyau de l’art pariétal. Les hypothèses sur les mains à doigts incomplets, bien que non tranchées, illustrent la richesse des questionnements soulevés par ce site unique en Europe.