Frise chronologique
Paléolithique moyen
Premières traces humaines
Premières traces humaines
Paléolithique moyen (≈ 1505000 av. J.-C.)
Mandibule pré-néandertalienne à Montmaurin.
Paléolithique supérieur
Découverte de la Vénus de Lespugue
Découverte de la Vénus de Lespugue
Paléolithique supérieur (≈ 1505000 av. J.-C.)
Statuette emblématique dans les grottes.
1972
Classement Monument historique
Classement Monument historique
1972 (≈ 1972)
Protection des grottes et abris préhistoriques.
1997
Classement ZNIEFF
Classement ZNIEFF
1997 (≈ 1997)
Reconnaissance écologique du site.
2009-2016
Conflit sur la carrière calcaire
Conflit sur la carrière calcaire
2009-2016 (≈ 2013)
Opposition et annulation du projet industriel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Ensemble des grottes et abris préhistoriques de la vallée de la Save (cad. A 49) : classement par arrêté du 28 décembre 1972
Personnages clés
| Yves Coppens - Paléoanthropologue |
Opposant au projet de carrière. |
| Henry de Lumley - Préhistorien |
Défenseur du site archéologique. |
| Jean Clottes - Spécialiste de l'art pariétal |
Soutien à la préservation des grottes. |
Origine et histoire
Les gorges de la Save, creusées par la rivière dans un pli calcaire des Petites Pyrénées, forment un défilé naturel à la frontière des communes de Montmaurin et Lespugue, en Haute-Garonne. Ce site karstique, marqué par des falaises et un réseau de grottes, a été occupé de manière continue depuis le Paléolithique moyen jusqu’à l’époque moderne. Il abrite des traces archéologiques exceptionnelles, dont la mandibule pré-néandertalienne de Montmaurin et la célèbre Vénus de Lespugue, statuette emblématique du Paléolithique supérieur découverte dans les grottes de la Save.
La vallée présente aussi des vestiges gallo-romains, comme la villa de Lassalles et le site de la Hillère, ainsi que des ruines médiévales (châteaux de Roquebrune et Lespugue, chapelle Notre-Dame de la Hillère). Classé Monument historique en 1972 pour son ensemble de grottes et abris préhistoriques, le site est également protégé en tant que Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) depuis 1997, en raison de sa biodiversité remarquable (orchidées rares, chauves-souris protégées, oiseaux méditerranéens).
Les gorges ont fait l’objet de conflits récents entre exploitation industrielle et préservation patrimoniale. En 2007, un projet de carrière calcaire sur la ZNIEFF, porté par l’entreprise Dragages Garonnais, a suscité une opposition unanime des institutions (Conseil régional, Département), des sociétés savantes (Académie de Toulouse, Société archéologique du Midi) et de personnalités comme Yves Coppens ou Henry de Lumley. Malgré un arrêté préfectoral autorisant l’exploitation en 2009, le tribunal administratif de Toulouse a annulé le projet en 2013, décision confirmée par le Conseil d’État en 2016, sauvant ainsi les vestiges médiévaux découverts lors des diagnostics archéologiques.
Aujourd’hui, les gorges de la Save allient patrimoine historique et activités touristiques, avec des sentiers de randonnée (PR balisés), des sites d’escalade (130 voies réparties sur 5 secteurs) et des spots de pêche à la truite fario. Le géocaching et la visite des cavités accessibles, comme les grottes de Lespugue, attirent les amateurs d’histoire et de nature. Le site reste un foyer de recherche préhistorique, illustrant la continuité de l’occupation humaine depuis plus de 30 000 ans.