Frise chronologique
Vers 200 000 av. J.-C.
Première occupation humaine
Première occupation humaine
Vers 200 000 av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Traces moustériennes dans les grottes.
1859
Découverte d'une mandibule néandertalienne
Découverte d'une mandibule néandertalienne
1859 (≈ 1859)
Trouvée dans la grotte des Fées.
1894
Identification du Châtelperronien
Identification du Châtelperronien
1894 (≈ 1894)
Par l’abbé Parat dans la grotte des Ours.
1946
Découverte des gravures de la grotte du Cheval
Découverte des gravures de la grotte du Cheval
1946 (≈ 1946)
Par René Bourreau et Marcel Papon.
1990
Découverte des peintures de la Grande grotte
Découverte des peintures de la Grande grotte
1990 (≈ 1990)
282 œuvres datées de 28 000 ans.
1992
Classement des grottes comme Monuments historiques
Classement des grottes comme Monuments historiques
1992 (≈ 1992)
Protection de 16 cavités du site.
2018
Nouvelle inscription globale au titre des Monuments historiques
Nouvelle inscription globale au titre des Monuments historiques
2018 (≈ 2018)
Extension de la protection du site.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Grottes dites Grande Grotte, Abri du Lagopède, Grotte du Cheval, Grotte de l'Hyène, Grotte du Trilobite, Grotte des Ours, Grotte du Renne et Galerie Schoepflin, Grotte du Bison, Grotte du Loup, Grotte du Lion, Grotte des Fées, Grotte des Deux Cours, Petit et Grand Abri, Grotte des Goulettes (cad. D 1562) : inscription par arrêté du 12 novembre 1992 (abrogé) ; Les grottes préhistoriques sises sous les parcelles cadastrales n°1562 à 1565 de la section D, les parcelles n°47, 48, 50 et 68 de la section ZO, ainsi que sous la voie communale n° 6, non cadastrée : classement par arrêté du 6 avril 2018.
Personnages clés
| André Leroi-Gourhan - Archéologue et ethnologue |
Fouilles majeures entre 1946 et 1963. |
| Abbé Parat - Archéologue local |
Découverte de la grotte du Trilobite. |
| Henri Breuil - Préhistorien |
Étude du Châtelperronien à Arcy. |
| Dominique Baffier - Archéologue spécialiste du site |
Relevés des peintures pariétales. |
| Pierre Guilloré - Découvreur des peintures |
Identifia un bouquetin en 1990. |
| Pierre Poulain - Spéléologue et conservateur |
Découverte de la grotte du Renne. |
| Joachim de Sermizelle - Seigneur local |
Graffiti daté de 1542. |
Origine et histoire
Les grottes d'Arcy-sur-Cure, situées dans le département de l'Yonne en Bourgogne-Franche-Comté, constituent un site archéologique exceptionnel s'étendant sur une chronologie allant du Paléolithique moyen (plus de 200 000 ans av. J.-C.) jusqu'au Moyen Âge. Ces cavités, creusées dans un massif corallien jurassique par l'érosion karstique de la rivière Cure, ont livré des vestiges lithiques, osseux, fauniques et humains, ainsi qu’un art pariétal remarquable. Le site est particulièrement célèbre pour ses peintures rupestres, découvertes en 1990 dans la Grande grotte, qui comptent parmi les plus anciennes de France après celles de Chauvet. Ces œuvres, datées d’environ 28 000 ans (Aurignaco-Gravettien), incluent des représentations d’animaux, des mains négatives et positives, ainsi que des motifs géométriques, protégés par des couches de calcite.
Le site d'Arcy-sur-Cure est un lieu clé pour l’étude de la transition entre Néandertaliens et Homo sapiens, notamment grâce à la grotte du Renne, où des niveaux châtelperroniens (42 000 à 32 000 ans BP) ont révélé des objets ornementaux et des outils en os associés à des restes néandertaliens. Cette découverte a remanié les théories sur les capacités symboliques des Néandertaliens, longtemps attribuées exclusivement à Homo sapiens. Les fouilles menées depuis le XIXe siècle, notamment par l’abbé Parat, André Leroi-Gourhan et son équipe, ont mis au jour une stratigraphie riche couvrant le Moustérien, le Châtelperronien, l’Aurignacien, le Gravettien et le Solutréen, offrant un contexte archéologique rare pour étudier l’évolution des cultures préhistoriques dans le nord de la France.
Les grottes d'Arcy-sur-Cure sont également marquées par leur géologie complexe, liée à la formation karstique du massif corallien et aux variations hydrologiques de la Cure. Le réseau souterrain, long de près de 5 km, comprend des galeries actives et fossiles, des résurgences et des siphons, qui ont influencé l’occupation humaine et la conservation des vestiges. Les spéléothèmes (stalactites, stalagmites) y sont abondants, bien que certains aient été endommagés par des nettoyages agressifs au XXe siècle. Aujourd’hui, seize cavités du site sont classées Monuments historiques, et la Grande grotte, seule ouverte au public, attire environ 35 000 visiteurs annuels.
L’histoire moderne des grottes est marquée par des découvertes progressives, depuis les premières mentions écrites au XVIIe siècle (par Jacques de Clugny et Pierre Perrault) jusqu’aux fouilles systématiques du XXe siècle. Des personnalités comme Buffon, Vauban, et l’abbé Breuil ont visité ou étudié le site, contribuant à sa renommée. En 1990, la redécouverte des peintures pariétales, initialement masquées par des dépôts calcaires, a relancé l’intérêt scientifique et touristique pour Arcy-sur-Cure, confirmant son statut de site majeur pour la compréhension de la préhistoire européenne.
Les vestiges humains trouvés dans les grottes, notamment dans les grottes du Renne, de l’Hyène et des Fées, incluent des mandibules, des dents et des fragments crâniens attribués à des Néandertaliens et à Homo sapiens. Ces restes, souvent dispersés ou mal contextualisés en raison de fouilles anciennes peu rigoureuses, offrent nevertheless des indices précieux sur les pratiques funéraires, l’alimentation et les interactions entre groupes humains. Par exemple, la grotte de l’Hyène a livré des traces suggérant une possible anthropophagie, tandis que la grotte du Renne a révélé des sépultures et des objets symboliques associés au Châtelperronien.
Enfin, le site d’Arcy-sur-Cure illustre l’importance des échanges et des déplacements durant le Paléolithique supérieur. Des coquillages fossiles originaires de régions éloignées (jusqu’à 200 km) et des silex du Turonien supérieur de Touraine, retrouvés dans les couches gravettiennes, témoignent de réseaux d’échange ou de migrations. Ces découvertes, combinées à l’abondance d’outils en os et en ivoire de mammouth, soulignent la complexité des sociétés préhistoriques et leur adaptation à un environnement en constante évolution, marqué par les glaciations et les variations climatiques du Quaternaire.
Devenir actuel
Elles sont partiellement ouvertes au public.
Conditions de visite
Conditions de visite : Ouvert toute l'année
Ouverture : Horaires, jours et tarifs sur le site officiel ci-dessus