Construction du rempart vers 1650 av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Datation par charbons (3600 AP)
1971-1975
Fouilles de Jean Courtin
Fouilles de Jean Courtin 1971-1975 (≈ 1973)
Mise au jour du rempart
1977
Classement monument historique
Classement monument historique 1977 (≈ 1977)
Première protection officielle
1997
Extension de la protection
Extension de la protection 1997 (≈ 1997)
Classement sol et vestiges
Début XXe siècle
Premières fouilles
Premières fouilles Début XXe siècle (≈ 2004)
Début des investigations archéologiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Sol et vestiges de l'habitat (cad. C1 4019) : classement par arrêté du 15 janvier 1997
Personnages clés
Jean Courtin - Archéologue
Dirigea les fouilles 1971-1975
Origine et histoire
Le Camp de Laure est un site archéologique majeur de Provence, classé monument historique en 1977. Situé sur la commune du Rove, il s’agit du plus ancien habitat fortifié de la région, avec un rempart en pierre datant du IIe millénaire av. J.-C. (vers 1650 av. J.-C.). Fouillé dès le début du XXe siècle, puis systématiquement entre 1971 et 1975 par Jean Courtin, le site a révélé des structures défensives exceptionnelles, dont un double mur avec tours hémisphériques et un passage adapté aux chariots, une rareté pour l’époque où la largeur standard correspondait à celle d’un bœuf. Dominant la plaine et l’étang de Berre depuis une hauteur de 147 mètres, il témoigne d’une occupation courte mais intense durant le bronze ancien, sans que les raisons de son abandon ne soient élucidées.
Les fouilles ont mis au jour des vestiges matériels significatifs : armes, céramiques campaniformes (non mentionnées par Courtin), et des restes fauniques indiquant une économie pastorale plutôt que cynégétique. La datation précise à 3600 ans avant le présent (1650 av. J.-C.) a été établie grâce à des charbons de bois. Le site, de type éperon barré, succède à des oppida plus récents du massif (Teste Nègre, La Cloche) et précède des occupations locales remontant au 3e ou 4e millénaire (couronnien). Son unicité réside dans son système défensif sophistiqué pour l’âge du bronze, contrastant avec les sites mésolithiques de la plaine comme Châteauneuf-les-Martigues.
Classé une première fois en 1977, le Camp de Laure a vu son périmètre de protection étendu en 1997, couvrant le sol et les vestiges de l’habitat (cadastre C1 4019). Propriété publique, il illustre l’évolution des techniques de fortification en Méditerranée occidentale et offre un éclairage sur les sociétés protohistoriques de Provence. Son rempart, combiné à des falaises naturelles en terrasses, en fait un exemple rare d’architecture défensive adaptée au relief, marquant une étape clé entre les habitats néolithiques et les oppida de l’âge du fer.