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Habitation Bisdary

Habitation Bisdary

    36 Gourbeyre
    97113 Gourbeyre
Crédit photo : Enrevseluj - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1704
Acquisition par les Jésuites
1753
Incendie lors d’une attaque anglaise
1763
Vente à Thomas Lepreux
1793
Séquestre révolutionnaire
1829
Rachat par Jean-Baptiste Navailles
2007
Classement aux Monuments historiques
2018
Sélection pour le Loto du patrimoine
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le morne comprenant l'ensemble de ses aménagements, soit le chemin d'accès, les terrasses et les murs de soutènements ainsi que les vestiges de l'aqueduc (cad. AS 59) : inscription par arrêté du 18 décembre 2007

Personnages clés

Charles Houël - Ancien gouverneur de la Guadeloupe Propriétaire initial de 1648 à 1664.
Thomas Lepreux - Négociant et acquéreur en 1763 Acheta l’habitation pour 550 000 livres.
Jean-Baptiste Navailles - Trésorier-payeur de la Guadeloupe Racheta et restaura le site en 1829.

Origine et histoire

L’habitation Bisdary est une ancienne plantation coloniale située à Gourbeyre, sur l’île de Basse-Terre en Guadeloupe. Développée au XVIIIe siècle par les Jésuites, elle s’étendait sur 250 hectares et comptait jusqu’à 312 esclaves en 1763. Les religieux y construisirent deux manufactures alimentées par un canal, mais les bâtiments furent incendiés en 1753 lors d’une attaque anglaise, contraignant les Jésuites à s’endetter pour les réparer. Peu avant leur expulsion en 1763, ils revendirent l’exploitation à Thomas Lepreux pour 550 000 livres, déclenchant un long procès entre créanciers et héritiers.

En 1793, la propriété fut placée sous séquestre par le Ministère de la Marine pendant la Révolution. Les héritiers Lepreux ne la récupérèrent qu’en 1823, après des décennies de litiges. Entre-temps, des ouragans en 1816 et 1825 endommagèrent gravement les infrastructures, réduisant les cultures à 24 carrés de cannes à sucre sur 250. En 1829, Jean-Baptiste Navailles, trésorier-payeur de la Guadeloupe, racheta l’habitation et la fit restaurer. Bien que l’activité sucrière reprît brièvement dans les années 1840, elle déclina définitivement après 1850.

Aujourd’hui, il ne subsiste que cinq bâtiments d’origine : la maison du maître, la maison du géreur, une case, la boniferie et un four. Une pierre aux armoiries des Jésuites, datée de 1753 ou 1755, est conservée sur le site. Depuis 2007, les terrasses, murs de soutènement et vestiges de l’aqueduc sont classés monuments historiques. En 2018, l’habitation fut sélectionnée parmi les projets emblématiques du premier Loto du patrimoine pour sa sauvegarde.

Le cimetière dit des Jésuites, situé à proximité, abrite en réalité les tombes anonymes des familles Navailles et Bonin, propriétaires à partir de 1874. Vandalisées à la recherche de trésors, ces sépultures sont aujourd’hui protégées par le Conservatoire du littoral. Le site illustre ainsi les traces matérielles et mémorielles de l’esclavage et de l’économie coloniale en Guadeloupe.

Liens externes

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