Frise chronologique
1737
Construction initiale
Construction initiale
1737 (≈ 1737)
Remplacement des halles en bois par Marie de Tessé.
1772-1792
Reconstruction et extension
Reconstruction et extension
1772-1792 (≈ 1782)
Ajout d’un étage et d’un théâtre par Delarue.
1827
Restauration et décor
Restauration et décor
1827 (≈ 1827)
Aménagement du théâtre à l’italienne par Lusson.
1910
Fin de la mairie
Fin de la mairie
1910 (≈ 1910)
Transfert des services municipaux au château.
20 mars 1987
Classement MH
Classement MH
20 mars 1987 (≈ 1987)
Inscription aux monuments historiques.
1999
Réouverture du théâtre
Réouverture du théâtre
1999 (≈ 1999)
Restauration complète et inauguration.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Marie de Tessé - Comtesse de la Luzerne |
Commanditaire de la halle en 1737. |
| René Lespine - Architecte |
Dirigea la construction initiale en pierre. |
| Pierre de la Rue du Can - Maire de La Flèche |
Lança la reconstruction en 1772. |
| Prosper Simon - Architecte |
Plans du corps central et aile nord. |
| Pierre-Félix Delarue - Architecte |
Conçut le théâtre et l’extension de 1827. |
| Adrien-Louis Lusson - Décorateur et architecte |
Réalisa les décors du théâtre. |
Origine et histoire
La Halle-au-Blé de La Flèche, située dans le département de la Sarthe, fut construite dans la première moitié du XVIIIe siècle pour remplacer des halles médiévales en bois. Initiée en 1737 par Marie de Tessé, comtesse de la Luzerne, l’édifice en pierre intégrait alors une mairie et une salle de spectacle. L’architecte René Lespine supervisa les travaux, marquant le début d’une vocation double : administrative et culturelle.
En 1772, le maire Pierre de la Rue du Can lança la reconstruction partielle du bâtiment, confiant les plans à Prosper Simon. Un nouvel étage fut ajouté, et en 1775, un théâtre à l’italienne fut aménagé dans l’aile méridionale sous la direction de Pierre-Félix Delarue. Les décors, réalisés par Adrien-Louis Lusson et son équipe, firent de ce lieu un joyau architectural, surnommé « la bonbonnière » après sa restauration en 1827.
La Halle-au-Blé servit d’hôtel de ville jusqu’en 1910, date à laquelle les services municipaux déménagèrent au château des Carmes. Le théâtre, fermé en 1947 pour vétusté, rouvrit en 1963 grâce à une compagnie locale, puis fut entièrement restauré en 1999. Classé monument historique en 1987, l’édifice allie aujourd’hui marché couvert, salle de spectacle et patrimoine architectural, témoignant de l’évolution urbaine et culturelle de La Flèche.
Le théâtre, situé au premier étage, compte 135 places réparties en un parterre hémicirculaire et deux balcons superposés. Ses décors, incluant une fausse coupole elliptique ornée de motifs végétaux, furent en partie remaniés en 1923 par René Buquin, ancien maire et peintre amateur. La scène, en sapin du Nord, et les loges aux garde-corps peints (allégories des arts ou dragons) illustrent le faste des théâtres provinciaux du XIXe siècle.
L’édifice, en forme de U, présente un rez-de-chaussée ouvert d’arcades en plein-cintre pour la halle, tandis que les étages abritaient autrefois la mairie et le théâtre. Les toits en croupe, sauf pour le corps central couvert en terrasse, et les escaliers en charpente distribuant les loges reflètent une architecture fonctionnelle et esthétique. Les façades, restaurées en 2012, perpétuent ce patrimoine emblématique du centre-ville.
La Halle-au-Blé symbolise aussi les transformations sociales de La Flèche : lieu de commerce, de pouvoir municipal, puis de culture. Son théâtre, toujours actif, accueille des spectacles variés, perpétuant une tradition artistique initiée au XVIIIe siècle. L’inscription aux monuments historiques en 1987 et les restaurations successives soulignent son importance dans l’histoire locale et régionale.