Origine et histoire de la halle
La halle d'Ervy-le-Châtel est une construction circulaire en pans de bois du premier quart du XIXe siècle, érigée sur trois étages de tailles distinctes. Son architecture combine une galerie extérieure à colombages, supportée par 20 colonnes de bois sur socles de pierre, et une rotonde centrale de six mètres de diamètre. Le rez-de-chaussée, en torchis, servait à peser les sacs de blé sous un plafond en châtaignier, tandis que les étages supérieurs, en briques claires, abritaient des espaces polyvalents. Le toit, couvert de zinc pour limiter la charge, couronne un édifice bâti sur les anciennes douves de la ville fortifiée, reposant sur des soubassements de grès local.
Autorisée par ordonnance royale de Louis-Philippe le 8 août 1831, la halle fut préférée au modèle traditionnel de Piney grâce à une étude de Nicas de Bar-sur-Seine. Les travaux, lancés en 1836, aboutirent à une réception provisoire le 1er octobre 1837. L’édifice, inscrit aux monuments historiques en 1947, fut rénové dans les années 1960. Aujourd’hui, il accueille des expositions, des concerts, et l’Office de Tourisme du Val d’Armance, dans un local reconverti.
L’intérieur de la rotonde, considéré comme une œuvre de compagnonnage, témoigne d’un savoir-faire artisanal remarquable. La galerie extérieure, initialement conçue pour abriter les marchands, illustre le rôle économique et social de la halle au XIXe siècle. Son emplacement sur les anciens fossés de la ville fortifiée souligne son intégration dans l’histoire urbaine d’Ervy-le-Châtel, dans le département de l’Aube en Grand Est.
La halle se distingue par sa structure hybride, mêlant bois, torchis, brique et pierre, reflétant les matériaux locaux et les techniques de l’époque. Son toit en zinc, innovant pour l’époque, répondait à des contraintes de poids tout en protégeant l’édifice. La rotonde centrale, avec son diamètre de six mètres, constitue un élément architectural rare, renforçant son caractère patrimonial unique en Champagne-Ardenne.