Fondation de la bastide 1290 (≈ 1290)
Création de Grenade par les moines de Grandselve.
1293
Construction des premiers bois
Construction des premiers bois 1293 (≈ 1293)
Dendrochronologie des poutres en chêne et résineux.
1417
Autorisation royale pour l’horloge
Autorisation royale pour l’horloge 1417 (≈ 1417)
Beffroi doté d’une cloche par Charles VI.
XIVe siècle
Construction du pont de Save
Construction du pont de Save XIVe siècle (≈ 1450)
Accès aux terres agricoles voisines.
1617
Inventaire consulaire
Inventaire consulaire 1617 (≈ 1617)
Preuves d’usage administratif depuis 1305.
1668
Acte de reconnaissance
Acte de reconnaissance 1668 (≈ 1668)
Mention des 30 piliers (36 aujourd’hui).
1979
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique 1979 (≈ 1979)
Protection officielle de la halle.
1992-1993
Restauration majeure
Restauration majeure 1992-1993 (≈ 1993)
Travaux sur sols et piliers.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Halle (cad. C 722) : classement par arrêté du 5 décembre 1979
Personnages clés
Eustache de Beaumarchais - Sénéchal de Toulouse
Fondateur de la bastide en 1290.
Charles VI - Roi de France
Autorisa l’horloge publique en 1417.
Moines de Grandselve - Ordre cistercien
Initiateurs de la ville et de l’église.
Origine et histoire de la halle
La halle de Grenade, édifiée au centre de la bastide fondée en 1290 par les moines de Grandselve, occupe un carré de 72x74 mètres au croisement des axes principaux. Sa charpente en bois, datée par dendrochronologie de la fin du XIIIe siècle, repose sur 36 piliers octogonaux en brique foraine. La toiture pyramidale, à trois décrochements, abrite un beffroi ajouté au XVIIe siècle servant de tour de guet et d’horloge publique, mentionnée dès 1417 par une autorisation royale.
Dès sa création, la halle remplissait une double fonction : commerciale et administrative. Elle abritait un marché hebdomadaire et deux foires annuelles, avec des loges permanentes pour les marchands (comme la boucherie ou mazel) et une loges des poids et mesures pour contrôler les échanges. À l’étage, la maison commune accueillait les institutions locales (justice, consulat, assemblées) et des greniers à grains. Un inventaire de 1617 confirme son usage consulaire depuis 1305, tandis qu’un acte de 1668 décrit déjà ses 30 piliers (portés à 36 ultérieurement).
La halle a subi des modifications majeures aux XVIIe et XVIIIe siècles, notamment des travaux sur le beffroi (menacé de chute en 1671 et 1773) et l’ajout d’un escalier en bois pour accéder aux étages. Une gravure de 1879 révèle qu’elle était alors ceinte de murets bas. Classée monument historique en 1979, elle a été restaurée en 1992-1993 (sols et piliers). Aujourd’hui, elle reste un lieu central pour les Grenadains, hébergeant le marché du samedi, la foire de la Saint-Luc, et des événements estivaux comme les bals.
Son plan carré et ses dimensions (41 mètres de côté) en font l’une des plus grandes halles médiévales couvertes de France. Les études dendrochronologiques ont révélé que ses bois les plus anciens (résineux et chêne) furent abattus vers 1293, confirmant son lien avec la fondation de la bastide. Le beffroi, surmonté d’un clocheton, était initialement fermé par des pans de bois et bardé de planches. Les étages supérieurs, accessibles par des échelles puis un escalier, servaient de greniers et de réserve pour les archives communales.
La halle symbolise l’essor agricole et commercial de la région, comme en témoigne la charte de 1290 autorisant un marché par semaine. Son rôle judiciaire est attesté par la présence d’un auditoire royal où siégeaient bailli, notaires et consuls. Les registres consulaires du XVIIe siècle mentionnent des réparations régulières (poutres, couverture), soulignant son importance persistante. Aujourd’hui, elle incarne la mémoire collective de Grenade, classée parmi les bastides au plan hippodamien le mieux conservé de France.