Origine et histoire de la halle
La halle de Labruguière, aussi appelée « ancienne halle », est un marché couvert médiéval érigé en 1266 à l’initiative du seigneur Pierre II de Lautrec. Ce dernier accorde aux habitants le privilège de construire une halle commerciale, symbole des échanges locaux. Le bâtiment, initialement en bois, s’effondre avant d’être reconstruit en pierre en 1618, comme en témoigne une date gravée signalée par des sources du XIXe siècle. Aujourd’hui, seuls cinq piliers en grès et un corps de garde de 1789 subsistent, intégrés au tissu urbain.
À l’origine, la halle occupait presque tout un pâté de maisons, comme le suggèrent les piliers encore visibles dans les maçonneries voisines. Son plan trapézoïdal, avec des côtés mesurant entre 6,5 et 14 mètres, reflète son rôle central dans la vie économique de Labruguière. La charpente à ferme, reposant sur des chapiteaux peu développés, et la panne faîtière en faible pente, sont des éléments architecturaux caractéristiques de l’époque médiévale, préservés malgré les reconstructions.
En 1789, un corps de garde patriotique est adjoint à la halle, marqué par une plaque commémorative évoquant Louis XVI et la Révolution française. Ce petit édicule, toujours visible, englobe l’un des piliers sud-ouest. Classée monument historique en 1977, la halle a également bénéficié de restaurations en 1876, attestant de son importance patrimoniale. Les descriptions anciennes, comme celle du dénombrement de 1692, précisent ses dimensions et son usage public pour le commerce des grains.
La halle illustre l’évolution urbaine de Labruguière, liée aux privilèges seigneuriaux du XIIIe siècle. Son emplacement stratégique, à l’intersection des rues Jean Jaurès (ancienne Grand’Rue) et des Lombards, en faisait un lieu de convergence pour les marchands et les habitants. Les transformations successives, notamment la réduction de sa taille au profit des habitations adjacentes, reflètent les adaptations du bâti aux besoins changeants de la communauté.
Aujourd’hui, la halle se limite à cinq piliers en pierre de taille et à une charpente ancienne, témoins de son passé commercial. Le corps de garde de 1789, avec son inscription originale, ajoute une dimension historique liée à la Révolution. Ces éléments, combinés à son classement au titre des monuments historiques, en font un site emblématique du patrimoine tarnais, mêlant héritage médiéval et mémoire révolutionnaire.