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Halles à Sainte-Maure-de-Touraine en Indre-et-Loire

Halles

    22 Place du Maréchal Leclerc37800 Sainte-Maure-de-Touraine
Propriété de la commune
Crédit photo : Joël Thibault - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
vers 1448
Construction initiale
1672
Reconstruction
1719
Extension des annexes
1794
Vente comme bien national
1814
Rachat par la commune
1936 et 1942
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les deux portes : inscription par arrêté du 22 septembre 1936 ; Halles : inscription par arrêté du 24 septembre 1942

Personnages clés

Anne de Rohan-Guéméné - Seigneuresse et commanditaire Fait reconstruire les halles en 1672.
Aymar III de la Rochefoucauld - Premier bâtisseur (XVᵉ s.) Initiateur des halles originales vers 1448.
Charles Estevou - Architecte Dirige la reconstruction de 1672.
Charles III de Rohan - Descendant et donateur Cède des terres en 1719 pour extensions.

Origine et histoire

Les halles de Sainte-Maure-de-Touraine trouvent leur origine au XVe siècle, sous l’impulsion d’Aymar III de la Rochefoucauld, bien qu’une construction antérieure ne soit pas exclue. Détruites, elles sont reconstruites dans la seconde moitié du XVIIe siècle (vers 1672) par Anne de Rohan-Guéméné, veuve de Louis VIII de Rohan, qui en devient l’unique propriétaire après 1667. L’architecte Charles Estevou dirige les travaux, érigant un bâtiment de 50 mètres de long organisé en trois nefs, doté d’un grenier à sel et d’une prison attenante. Les portes ouest et sud, ornées d’armoiries et de frontons, sont inscrites aux Monuments Historiques en 1936, suivies par l’ensemble du bâtiment en 1942.

À l’époque moderne, les halles constituent un pôle économique majeur pour la seigneurie. Neuf foires annuelles et trois marchés hebdomadaires (lundi, mercredi, vendredi) s’y tiennent, écoulant céréales, textiles et bétail. Les droits d’étalage et de péage, variables selon les marchandises, alimentent les revenus seigneuriaux. Le grenier à sel, capable de stocker 30 tonnes par an, dessert 24 paroisses environnantes. En 1719, Charles III de Rohan cède des terres adjacentes pour construire des annexes (prétoire, geôle), tandis que les halles abritent aussi des réserves de paille et de bois.

La Révolution française marque un tournant : les halles, bien national, sont vendues à l’hôpital de Tours en 1794, puis cédées à la commune en 1814 pour 7 000 francs. Au XIXe siècle, des modifications majeures interviennent : démolition du grenier à sel (pour éclairer l’intérieur), réfection de la toiture (1870), et percement de baies sur la façade nord (1866) lors de la reconstruction de la mairie voisine. Pendant la guerre franco-allemande (1870-1871), le bâtiment sert de caserne pour les troupes prussiennes. Au XXe siècle, les halles accueillent une réception présidentielle en 1912 (Armand Fallières) et sont réquisitionnées par l’armée allemande en 1940 pour des réparations automobiles.

L’architecture des halles reflète leur double fonction commerciale et seigneuriale. Les deux portes monumentales, classées, arboraient autrefois les armoiries des Rohan ( aujourd’hui bûchées). Une inscription latine sur la porte ouest célèbre Anne de Rohan. La charpente, caractéristique des marchés couverts de l’époque, supporte trois toitures distinctes. Les aménagements ultérieurs (marquise nord, pavage) répondent aux besoins évolutifs de la ville. Aujourd’hui, les halles abritent toujours le marché du vendredi matin et servent de salle des fêtes, perpétuant leur rôle central dans la vie locale.

Les sources historiques, dont les travaux de Jean-Jacques Bourassé (1856) et les archives de la Société archéologique de Touraine, soulignent l’importance des halles dans le réseau commercial tourangeau. Situées sur une ancienne voie reliant Châtellerault à Loches, elles symbolisent le lien entre pouvoir seigneurial (château voisin) et activités marchandes. Leur préservation, malgré les aléas révolutionnaires et les conflits, illustre leur ancrage dans le patrimoine Centre-Val de Loire.

Liens externes

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