Frise chronologique
1272
Première mention des halles
Première mention des halles
1272 (≈ 1272)
Construction probable des premières halles.
XVe siècle
Agrandissement des halles
Agrandissement des halles
XVe siècle (≈ 1550)
Extension des halles médiévales existantes.
1599
Reconstruction ordonnée par Charles III
Reconstruction ordonnée par Charles III
1599 (≈ 1599)
Duc de Lorraine commande une reconstruction complète.
1601
Achèvement des nouvelles halles
Achèvement des nouvelles halles
1601 (≈ 1601)
Fin des travaux dirigés par Nicolas La Hière.
1735
Ajout du pavillon de l’hôtel de ville
Ajout du pavillon de l’hôtel de ville
1735 (≈ 1735)
Modification par Claude Thomas Gentillâtre.
1764
Reconstruction de l’auditoire
Reconstruction de l’auditoire
1764 (≈ 1764)
Travaux menés par Deklier-Delille.
15 juin 1940
Bombardement pendant la Seconde Guerre mondiale
Bombardement pendant la Seconde Guerre mondiale
15 juin 1940 (≈ 1940)
Dégâts majeurs suivis d’une restauration.
30 novembre 1942
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
30 novembre 1942 (≈ 1942)
Protection officielle de l’ensemble architectural.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Halles, Mairie, Palais de Justice : classement par arrêté du 30 novembre 1942
Personnages clés
| Charles III de Lorraine - Duc de Lorraine |
Ordonna la reconstruction en 1599. |
| Nicolas La Hière - Architecte et maître d’œuvre |
Dirigea la reconstruction des halles. |
| Claude Thomas Gentillâtre - Architecte du XVIIIe siècle |
Ajouta le pavillon de l’hôtel de ville. |
| Deklier-Delille - Ingénieur des ponts et chaussées |
Reconstruisit l’auditoire en 1764. |
Origine et histoire
Les Halles, Mairie et Palais de Justice de Vézelise constituent un ensemble architectural majeur dont l’origine remonte au XIIIe siècle. Les premières halles, probablement construites vers 1272, furent agrandies au XVe siècle avant de devenir vétustes. En 1599, le duc Charles III de Lorraine ordonna leur reconstruction complète, confiant les travaux à Nicolas La Hière. L’édifice, en bois et pierre, fut érigé sur l’emplacement des anciennes halles, après l’expropriation de cinq maisons voisines. Les matériaux, comme les poutres de chêne de 10 mètres, provinrent des forêts du comte de Vaudémont, tandis que les pierres furent extraites des carrières d’Houdreville.
L’auditoire, situé à l’étage supérieur des halles, servit de lieu de justice jusqu’à la suppression des justices de paix. L’ensemble fut modifié à deux reprises : en 1735, avec l’ajout du pavillon de l’hôtel de ville par Claude Thomas Gentillâtre, puis en 1764, lorsque Deklier-Delille reconstruisit l’auditoire. Endommagé par un bombardement en juin 1940, le monument fut restauré dans son état d’origine. Classé Monument Historique en 1942, il symbolise l’histoire judiciaire et commerciale de Vézelise, ancienne capitale du comté de Vaudémont.
Vézelise, surnommée la « pot de chambre de la Lorraine » au XIXe siècle en raison de ses tanneries malodorantes, fut une place forte dès le XIIIe siècle, dotée de remparts aujourd’hui disparus. La ville, marquée par des conflits entre le comté de Vaudémont et le duché de Lorraine, devint un carrefour judiciaire et administratif. Les halles, cœur économique médiéval, abritaient au rez-de-chaussée des boutiques et le poids public, tandis que l’étage supérieur accueillait l’auditoire. Leur architecture à deux niveaux, typique des constructions lorraine, illustre l’importance des échanges commerciaux et du pouvoir ducal dans la région.
Le Palais de Justice, anciennement maison du bailliage, fut érigé en 1561 sous Charles III. Son inscription LEX IMPERIO MAJOR (« La loi est plus forte que le pouvoir ») rappelle son rôle judiciaire central. Ce bâtiment de style Renaissance, aujourd’hui annexe de la mairie, complète l’ensemble classé avec les halles et l’hôtel de ville. Ces monuments témoignent de l’évolution urbaine de Vézelise, depuis son âge d’or médiéval jusqu’à son déclin industriel après l’arrêt de sa célèbre brasserie en 1971.
L’horloge de l’hôtel de ville, issue du couvent des capucins, et les modifications architecturales des XVIIIe et XXe siècles soulignent la résilience de ce patrimoine. Les halles, presque intactes depuis 1601 malgré les guerres et les bombardements, restent un exemple rare d’architecture civile lorraine en bois. Leur préservation reflète l’attachement local à ce symbole de l’autonomie historique de Vézelise, jadis capitale administrative et judiciaire du Saintois.