Origine et histoire du Haras national
Le Haras national de Saintes a été créé officiellement par ordonnance du 22 juin 1846, après approbation des plans de l'architecte Victor Fontorbe. Les premiers bâtiments ont été livrés en 1850 et la réception définitive a eu lieu en 1854. L'ensemble s'inscrit dans un parc clos de murs aux allées sinueuses, qui sert à la détente et au travail des chevaux et comprend paddock et carrière. L'entrée est marquée par une grille encadrée de deux pavillons de concierge. Le long de la rue d'accès se trouvent l'infirmerie, des logements, la maréchalerie et une serre, tandis que le logement du directeur, bâtiment carré, occupe le centre de la composition paysagère. Dans la seconde moitié du parc se situent le bâtiment de l'administration encadré de longues écuries et une écurie perpendiculaire à l'ensemble. Après la disparition des haras sous la Révolution, l'Empire entreprit leur rétablissement ; un premier dépôt fut établi à Saint-Jean-d'Angély en 1806 puis fermé au profit de Saint-Maixent. L'administration des haras nationaux, dont l'origine remonte à la création des haras royaux en 1665, a pour vocation la préservation et l'amélioration des races équines. Le haras de Saintes a fait partie de l'Institut français du cheval et de l'équitation (IFCE) ; avant sa vente il figurait parmi les 23 établissements dépendant de l'administration des haras nationaux. Au début du XXe siècle, l'établissement abritait une centaine d'étalons ; plus récemment, il a accueilli près de quarante étalons. Le pôle hippique apportait un appui aux professionnels de la filière, menait des actions d'insertion par le cheval et proposait des formations. Il disposait d'un laboratoire, de boxes et d'installations adaptées à l'élevage de chevaux de selle, de trait et de races locales comme les baudets du Poitou ou les traits poitevins mulassiers. Le haras conservait également une collection de voitures hippomobiles et jouait un rôle de conservatoire pour des métiers traditionnels tels que palefreniers, maréchaux-ferrants et bourreliers. Les bâtiments et le parc, d'une superficie de neuf hectares, sont inscrits à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1993. Le parc a été endommagé par l'ouragan Martin en 1999 mais conserve plusieurs arbres séculaires, dont des cèdres et des platanes. En novembre 2015, l'IFCE a annoncé que le haras serait mis en vente en janvier 2016, faute d'avoir développé des activités pérennes. L'établissement a fermé ses portes en 2018 après 170 ans d'activité. Il figura parmi les neuf haras nationaux mis en vente par l'État en 2016 et, selon la presse, il aurait été cédé en 2019 pour 1 200 000 euros à Philippe Védiaud, originaire de Saintes. Ce repreneur, dirigeant une entreprise de communication dans le mobilier urbain, projetait d'y implanter une antenne régionale, un restaurant, un incubateur d'entreprises et des logements, et d'y employer une vingtaine de salariés. À ce jour, la vente n'était pas encore finalisée.