Origine et histoire
Le haras de Tarbes a été construit en 1806 comme dépôt d'étalons et n'a connu que peu de modifications depuis sa création. Une installation d'alimentation en eau et des abreuvoirs automatiques ont été ajoutés à la fin du XIXe siècle. Il s'agit d'un des rares ensembles conçus dès l'origine pour cet usage, présentant des éléments architecturaux novateurs pour le début du XIXe siècle. La composition du site s'organise selon deux axes : un axe d'honneur, face à l'entrée et à l'écurie d'honneur, et un axe dédié à la production. Chaque bâtiment possède des particularités fonctionnelles ; dans les écuries d'honneur, la voûte surbaissée lambrissée est maintenue par un tirant en fonte. Créé sous Napoléon Ier, le haras a donné naissance au cheval navarrin, issu de croisements entre la race locale, la race anglaise et des étalons arabes importés au XIXe siècle. L'élevage actuel est orienté vers les chevaux de compétition et le haras a été l'un des Haras nationaux français jusqu'en 2016. L'histoire institutionnelle des haras en France remonte à Colbert et Louis XIV, avec la création des haras par décret en 1665, leur suppression par la Constituante en 1790 puis leur réouverture sous Napoléon. À Tarbes, le haras a d'abord siégé dans l'ancien séminaire avant d'être implanté sur son site actuel aux Salles d'Ancizan ; tout au long du XIXe siècle des architectes ont complété l'ensemble dans un style marqué par l'Empire. Le haras abrite des races variées : Anglo-arabe français, pur-sang arabes, poney landais, Mérens, Trait breton et Comtois. Il est situé dans le quartier de la Gespe à Tarbes, canton de Tarbes 3, dans les Hautes-Pyrénées en région Occitanie. La maréchalerie, restaurée en 1999, est fonctionnelle et comprend deux zones de ferrage adaptées respectivement aux chevaux légers et aux chevaux lourds, cette dernière utilisant un appareil spécifique appelé « travail » ou « métier ». Les zones de ferrage sont pavées de bois pour éviter les glissades et protéger le travail du maréchal lorsque le cheval gratte le sol. L'écurie Devèze est la plus ancienne du site et sert au dépôt momentané de chevaux de passage ; c'est le seul bâtiment qui n'a pas été restauré. L'écurie Artigala, du milieu du XIXe siècle, présente une architecture rustique en deux parties avec des portes donnant directement sur l'extérieur et une avancée permettant de soigner les chevaux dans de bonnes conditions. L'écurie Larrieu, construite à la fin du XIXe siècle, comporte des boxes en chêne massif dotés d'abreuvoirs automatiques, de mangeoires en marbre et d'une trappe. D'autres écuries se trouvent au nord du parc, où la carrière, vaste et à sol favorable, est le lieu principal de travail des étalons, souvent préféré au manège couvert qui permet néanmoins le travail par mauvais temps, en longe ou en liberté. Les allées cavalières parcourent le parc et autorisent la circulation des attelages et des cavaliers sans sortir de l'enceinte. L'unité de reproduction, en activité toute l'année, dispose des équipements nécessaires et pratique la monte en saillie ainsi que l'insémination artificielle. La Maison du Cheval, achevée en 1820 et aménagée en écurie à la fin du XIXe siècle, offre deux belles salles pour les visiteurs ; l'étage, d'une surface de 167 m2, est consacré à des expositions, et le rez-de-chaussée à des dispositifs ludiques et pédagogiques. La Sellerie d'Honneur, construite en 1823, abrite harnachements, selles d'époque et divers accessoires liés à la monte. Le haras accueille chaque année un concours de saut d'obstacles réservé aux jeunes chevaux et un national 1 pour les meilleurs cavaliers de première catégorie. En novembre 2015 l'IFCE a annoncé la mise en vente du site, et le 19 juillet 2016 la mairie de Tarbes a acquis le haras. Des projets prévoient la rénovation des bâtiments historiques, l'installation d'un club équestre militaire du 1er régiment de hussards parachutistes avec une trentaine de chevaux, l'accueil d'un maréchal-ferrant et d'une sellière-harnacheuse, la transformation de l'ancienne maison du directeur en restaurant gastronomique, des activités pédagogiques pour les enfants et un projet d'équithérapie axé sur le bien-être des chevaux. Le parc, entièrement clos comme le jardin Massey, conserve des arbres bicentenaires et des espaces verts entretenus et fleuris, et pourrait être doté d'un accès supplémentaire depuis la promenade du Pradeau pour mieux relier le quartier de la Sède et le cours de Reffye.