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Haut-fourneau de Vendresse dans les Ardennes

Patrimoine classé Patrimoine industriel Haut-fourneau

Haut-fourneau de Vendresse

    44 Rue du Haut Fourneau
    08160 Vendresse
Propriété de l'Etat
Crédit photo : NEUVENS Francis - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1564
Premier fourneau attestée
1816
Rachat par Gendarme
1822-1824
Reconstruction du haut-fourneau
1845
Apogée de la production
1870
Arrêt de la fonte
1972
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures du bâtiment abritant le haut-fourneau et le haut-fourneau proprement dit ; façades et toitures de la halle à bois (cad. E 412) : inscription par arrêté du 23 mars 1972

Personnages clés

Jean-Nicolas Gendarme - Maître de forges Reconstruit le haut-fourneau en 1822-1824.
Louise d'Aumont, duchesse de Mazarin - Propriétaire initiale Vend le domaine à Gendarme.
Familles Dehaines, Coffin, Coulon, Poulain - Ancien exploitants Gèrent le site avant Gendarme.

Origine et histoire

Le haut-fourneau de Vendresse, situé dans le département des Ardennes (Grand Est), est un vestige industriel du 1er quart du XIXe siècle, construit entre 1822 et 1824 par Jean-Nicolas Gendarme, maître de forges réputé. Ce site, exploité depuis le XVIe siècle pour la production de fer, tire parti de ressources locales : minerai, eau et bois. Le haut-fourneau, perpendiculaire à une halle à charbon, utilise une roue hydraulique pour actionner ses soufflets. Ses murs en moellon calcaire et ses toits d’ardoise reflètent l’architecture fonctionnelle de l’époque.

L’histoire du site remonte à 1564, lorsque l’abbaye d’Élan y installe un premier fourneau, remplacé ou rénové par divers exploitants, dont les familles Dehaines, Coffin, Coulon et Poulain. En 1816, Jean-Nicolas Gendarme acquiert le domaine et modernise les installations, y ajoutant une scierie, un bocard et des fours à charbon. À son apogée vers 1845, le site emploie 40 ouvriers produisant 1 000 tonnes de fonte annuellement, transformée en boulets de canon ou objets domestiques. Après 1870, la production de fonte cesse, mais un cubilot reste actif jusqu’à la fin du XIXe siècle.

Abandonné comme site métallurgique, le haut-fourneau est inscrit aux Monuments Historiques en 1972. Depuis 1909, une pisciculture occupe les étangs adjacents. Aujourd’hui, le Domaine de Vendresse allie patrimoine et tourisme, avec des expositions ludiques sur le feu et l’eau, des aquariums présentant la faune locale, et des activités de plein air (pêche, jeux). Le site perpétue ainsi la mémoire industrielle des Ardennes tout en s’adaptant à des usages contemporains.

Architecturalement, le haut-fourneau et sa halle à charbon illustrent les techniques de l’époque : murs en moellon calcaire, encadrements en pierre de taille, toits à longs pans couverts d’ardoise, et un système hydraulique complexe alimentant roues et machines. Le mur de refend à redents de la halle servait de coupe-feu, tandis que des canaux dérivés de l’étang approvisionnaient en énergie les différents ateliers. Ces éléments, bien que partiellement disparus (comme la scierie), témoignent de l’ingéniosité des maîtres de forges ardennais.

Jean-Nicolas Gendarme, figure centrale du site, incarne l’entrepreneuriat industriel du début du XIXe siècle. En rachetant le domaine en 1816, il le modernise et l’intègre à un réseau de forges régionales (Boutancourt, Haraucourt). Sa fille perpétue l’activité après sa mort en 1845, mais le déclin s’amorce avec la transition du bois au charbon, rendant le site moins compétitif. Malgré cela, le cubilot perdure jusqu’aux années 1900, marquant la fin d’une ère sidérurgique locale.

Aujourd’hui, le Domaine de Vendresse, géré par la communauté de communes des Crêtes Préardennaises, propose une immersion dans l’histoire métallurgique via des spectacles son et lumière, des animations interactives sur l’hydraulique, et des espaces dédiés à la biodiversité aquatique. Ce mélange de patrimoine industriel, de pédagogie et de loisirs en fait un lieu unique, où l’héritage technique dialogue avec les enjeux contemporains de préservation et de tourisme durable.

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