Frise chronologique
1550
Début de l'exploitation minière
Début de l'exploitation minière
1550 (≈ 1550)
Filons d’argent à Bussang et Fresse-sur-Moselle.
1560
Début de l'extraction du cuivre
Début de l'extraction du cuivre
1560 (≈ 1560)
Construction d’une fonderie à Saint-Maurice.
1580
Déclin des mines d’argent
Déclin des mines d’argent
1580 (≈ 1580)
Visite de Montaigne à Bussang.
1617
Première utilisation de la poudre noire
Première utilisation de la poudre noire
1617 (≈ 1617)
Technique révolutionnaire en Europe.
XVIIe siècle
Apogée de la production
Apogée de la production
XVIIe siècle (≈ 1750)
Essor maximal des mines de cuivre.
1761
Fin de l'exploitation
Fin de l'exploitation
1761 (≈ 1761)
Arrêt définitif des activités minières.
1995
Classement monument historique
Classement monument historique
1995 (≈ 1995)
Protection du site et des galeries.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Ducs de Lorraine - Commanditaires de l'exploitation |
Gérèrent les mines de 1560 à 1761. |
| Montaigne - Visiteur des mines d’argent |
Passa à Bussang en 1580. |
| Association SESAM - Recherches archéologiques |
Étudie les techniques minières historiques. |
Origine et histoire
Les Hautes-Mynes du Thillot sont un ancien site minier de cuivre situé dans la montagne sud de la Haute Vallée de la Moselle, dans les Vosges. Exploitées entre 1560 et 1761 par les ducs de Lorraine, ces mines ont marqué l’histoire par leur apogée au XVIIe siècle et leur utilisation pionnière de la poudre noire dès 1617, une première en Europe pour l’extraction minière. Leur classement comme monument historique en 1995 souligne leur importance patrimoniale, avec un réseau souterrain et des techniques d’extraction innovantes pour l’époque.
L’exploitation minière dans la région débute vers 1550 avec des filons d’argent à Bussang et Fresse-sur-Moselle, avant de se concentrer sur le cuivre au Thillot. Une fonderie est construite à Saint-Maurice en 1560 pour traiter les minerais, utilisant le charbon de bois produit localement. L’activité décline après 1580 pour les mines d’argent, mais le cuivre maintient une production intense jusqu’en 1761, avec des galeries parfois proches de celles exploitées par les Bourguignons sur le versant franc-comtois, comme à Château-Lambert.
Les mines du Thillot se distinguent par leurs techniques révolutionnaires : percement à la pointerolle, abattage au feu, et surtout l’usage systématique de la poudre noire dès 1617, antérieur aux mines slovaques de Banská Štiavnica (1627). Les fouilles archéologiques ont révélé des machines hydrauliques et des méthodes de gestion de l’eau, comme des étangs et canalisations pour actionner pompes et bocards. Ces innovations, couplées à la richesse des filons (pegmatites, sulfures de cuivre), ont fait du site un modèle européen.
Le paysage minier a été profondément transformé par l’activité humaine : excavations, haldes (accumulations de roches stériles), déboisements pour le charbon de bois, et détournements de cours d’eau. Ces modifications, combinées à la création de chemins et d’infrastructures hydrauliques, témoignent de l’ampleur de l’exploitation. Aujourd’hui, le site est valorisé touristiquement avec la Maison des Hautes-Mynes, installée dans l’ancienne gare, et des visites guidées dans les galeries classées.
La géologie des filons du Thillot révèle une formation polyphasée : d’abord des pegmatites riches en feldspath et sulfures, puis des dépôts hydrothermaux de quartz et sulfures de cuivre/molybdène, enfin des concentrations secondaires de cuivre à haute teneur. Ces caractéristiques minéralogiques ont rendu l’extraction particulièrement rentable, soutenant l’économie locale sous l’égide des ducs de Lorraine. Les recherches de l’association SESAM ont permis de documenter ces spécificités techniques et géologiques.
Classé monument historique en 1995, le site offre aujourd’hui un voyage dans le temps à travers ses galeries et son musée. Un ensemble de pompage du XVIIIe siècle, mis au jour par l’archéologie, y est exposé aux côtés de maquettes et d’outils anciens. Ce patrimoine illustre un pan méconnu de l’histoire lorraine, où l’innovation minière a croisé les enjeux économiques et environnementaux de la Renaissance et des Lumières.
Devenir actuel
Le site touristique municipal des Hautes-Mynes est né de la valorisation de ce patrimoine minier. La Maison des Hautes-Mynes, installée dans l'ancienne gare du Thillot, complète la visite du site minier.
Conditions de visite
Conditions de visite : Ouvert toute l'année
Période d'ouverture : Horaires, jours et tarifs sur le site du musée ci-dessus.