Origine et histoire de l'Historial de la Grande Guerre
Le Château de Péronne est un édifice médiéval construit au début du XIIIe siècle sous le règne de Philippe Auguste, typique de l’architecture philippienne. Il se compose de quatre tours en grès reliées par des murailles en briques, entourées de fossés, avec une entrée protégée par un pont-levis et une herse. Ce château fut une résidence royale, où Philippe Auguste emprisonna Renaud de Dammartin après la bataille de Bouvines en 1214. Un donjon, aujourd’hui disparu, fut détruit lors du siège de 1536. Le site conserve aussi les vestiges d’une résidence du gouverneur du XVIIIe siècle, des magasins militaires, et des salles souterraines aménagées pour le stockage et la défense.
À l’époque mérovingienne, Péronne abritait déjà une résidence royale, où séjournèrent Radegonde de Poitiers au VIe siècle et, plus tard, Erchinoald, maire du palais de Neustrie, qui y accueillit Fursy de Péronne. En 884, cette résidence fut incendiée par les Vikings. Au Xe siècle, Herbert II de Vermandois y retint prisonnier le roi Charles le Simple entre 923 et 929. Le château devint ensuite un symbole des conflits franco-bourguignons : en 1468, Louis XI y fut capturé par Charles le Téméraire, duc de Bourgogne. Transformé au XVIIe siècle pour résister à l’artillerie, le château servit de magasin d’armes jusqu’en 1914.
Endommagé pendant la Bataille de la Somme en 1916, le château fut partiellement classé monument historique en 1924 pour ses trois tours et courtines restantes. Depuis 1992, il accueille l’Historial de la Grande Guerre, un musée dédié à la Première Guerre mondiale. Les parties hautes, comme la salle de garde et les terrasses offrant une vue sur la ville, ne sont pas accessibles au public. Les souterrains, quant à eux, révèlent des cachots, des meurtrières et des galeries de stockage, témoignages de son rôle défensif.
Aujourd’hui, le château se compose de quatre tours rondes en grès, dont deux encadrent l’entrée unique. La cour intérieure abrite les ruines de la résidence du gouverneur, des fours à pain et des magasins de manutention. Un puits et des escaliers mènent aux salles souterraines, où l’on découvre des aménagements militaires médiévaux. Bien que certaines parties ne soient pas ouvertes à la visite, le site reste un lieu emblématique de l’histoire militaire et royale de la Picardie.