Origine et histoire
L’hôpital de la Charité de Saint-Étienne trouve ses origines en 1682, avec une fondation officielle suivie de la construction des premiers bâtiments entre 1690 et 1693. La chapelle, édifiée en grès houiller entre 1708 et 1741, marque l’ancrage historique du site. Au XIXe siècle, deux nouveaux bâtiments sont ajoutés par l’architecte Léon Lamaizière, à l’angle des rues Badouillère et Saint-Roch, répondant aux besoins croissants de l’établissement.
Après la Première Guerre mondiale, une réhabilitation majeure est entreprise sous la direction de l’architecte Henri Lasserre. Un bâtiment administratif de style Art déco est érigé le long de la rue Michelet, tandis que les façades, l’escalier monumental et la salle d’honneur, décorée par Maurice Denis en 1933, deviennent des éléments emblématiques. Les peintures murales de Denis illustrent les établissements des Hospices civils, comme l’aérium de la Sablière ou le préventorium de Riocreux, mêlant réalisme et allégorie.
Le site, partiellement inscrit aux monuments historiques en 1979 et 2002, reflète les évolutions architecturales et sanitaires du XXe siècle. La chapelle et l’escalier monumental, ainsi que les façades et toitures du bâtiment administratif, sont protégés pour leur valeur patrimoniale. Les décors intérieurs, incluant les boiseries, vitraux et peintures de Maurice Denis, témoignent d’une volonté artistique et hygiéniste propre à l’époque.
La rénovation du site, initiée dans l’entre-deux-guerres, répondait à l’insalubrité des bâtiments du XVIIe siècle et à l’augmentation des besoins médicaux. Les architectes Coste et Lasserre conçoivent des pavillons modernes, tandis que le concours pour la décoration de la salle de réunion est finalement confié à Maurice Denis, malgré des maquettes initiales jugées insatisfaisantes. Ce projet s’inscrit dans une dynamique de modernisation des infrastructures hospitalières, alliant fonctionnalité et esthétique.
Les Hospices civils de Saint-Étienne, gestionnaires du site, ont joué un rôle clé dans son développement, notamment via des figures comme le notaire Fougerolle, vice-président du conseil d’administration. La Charité, initialement fondée pour les indigents, évolue vers une structure médicale polyvalente, intégrant des établissements spécialisés comme la maison de cure hélio-marine de Palavas-les-Flots. Ce patrimoine hospitalier illustre ainsi les mutations sociales et médicales de la région.