Origine et histoire de l'hôpital
L’hôpital de Mont-Saint-Jean, classé Monument Historique en 1976, est un exemple typique de maison-Dieu médiévale, destinée à héberger pèlerins, voyageurs et indigents. Situé au nord du village, il se compose d’une salle voûtée en partie enterrée, flanquée d’une chapelle au sud. Des fouilles ont révélé des vestiges d’une seconde salle avec cheminée, aujourd’hui disparue. La salle principale, de plan rectangulaire, présente une voûte en berceau brisé divisée en deux travées par un doubleau. Son accès s’effectue par une porte rectangulaire à linteau sur coussinets, tandis que des fenêtres en plein-cintre éclairent l’espace. Une cheminée monumentale, ajoutée ultérieurement, a obstrué l’une des baies.
La chapelle, de plan trapézoïdal, montre des traces de remaniements : son mur-pignon oriental, reconstruit, intègre un linteau du XVe siècle orné d’une accolade. À l’origine, le chevet en moyen appareil abritait un triplet en plein-cintre, aujourd’hui muré. Une porte communiquait autrefois avec la salle disparue, réduite en largeur et transformée en baie. La chapelle, couverte de laves, a subi l’effondrement de sa charpente et de sa toiture, récemment consolidée par une protection provisoire. Le site, envahi par la végétation avant restauration, conserve des éléments architecturaux des XIIe–XIIIe siècles, comme les contreforts et les corniches chanfreinées.
Les origines exactes de l’hôpital, placé sous le vocable de Sainte-Anne, restent inconnues. Au XIIIe siècle, il est rattaché au prieuré de Nailly (près de Flavigny-sur-Ozerain) et cité dans un pouillé de l’évêché d’Autun sous le nom de Domus Dei de Monti Sancti Johannis. Au XVIe siècle, le mépart de Flavigny le cède aux habitants de Mont-Saint-Jean (1576). Une tradition attribue à Antoine de Luxembourg, seigneur local, la commande de deux verrières en 1507 — bien que leur destination exacte (hôpital ou église du prieuré de Glanot) reste incertaine. L’établissement, encore actif à la fin du XVIIIe siècle, abritait alors deux femmes pauvres dans une petite maison de deux pièces.
L’édifice illustre l’évolution des maisons-Dieu médiévales, passant d’une fonction caritative à un rôle social réduit. Les transformations ultérieures (cheminée, remaniement de la chapelle) reflètent des adaptations aux besoins locaux. Classé pour sa valeur patrimoniale, il témoigne de l’architecture hospitalière bourguignonne et de son ancrage dans les réseaux religieux et seigneuriaux de la région.