Frise chronologique
15 mars 1751
Fondation par lettres patentes
Fondation par lettres patentes
15 mars 1751 (≈ 1751)
Création financée par un impôt sur la bière.
15 juillet 1751
Plans définitifs
Plans définitifs
15 juillet 1751 (≈ 1751)
Signés par Charles-Toussaint Havez.
8 juin 1752
Devis établi
Devis établi
8 juin 1752 (≈ 1752)
Préparation des travaux.
juillet 1752
Début des travaux
Début des travaux
juillet 1752 (≈ 1752)
Dirigés par l’architecte Gillet.
1er juillet 1767
Inauguration partielle
Inauguration partielle
1er juillet 1767 (≈ 1767)
Gros œuvre presque terminé.
1774
Fin des travaux
Fin des travaux
1774 (≈ 1774)
Achèvement de la chapelle.
1831-1894
Occupation militaire
Occupation militaire
1831-1894 (≈ 1863)
Hôpital militaire installé.
1940
Incendie de la charpente
Incendie de la charpente
1940 (≈ 1940)
Destruction pendant la guerre.
18 juin 1945
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
18 juin 1945 (≈ 1945)
Protection du site.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Hôpital général : classement par arrêté du 18 juin 1945
Personnages clés
| Charles-Toussaint Havez - Ingénieur des Ponts et Chaussées |
Auteur des plans définitifs (1751). |
| Pierre Contant d’Ivry - Architecte parisien |
Examina les plans en 1751. |
| Gillet - Architecte de Valenciennes |
Dirigea le chantier (1752-1774). |
| Coquelet - Entrepreneur |
Adjudicataire des travaux (1752). |
Origine et histoire
L’hôpital général de Valenciennes, aussi appelé hôpital du Hainaut, fut fondé par lettres patentes du 15 mars 1751. Son financement reposait sur un impôt de deux liards par pot de bière forte, prélevé dans toute la province du Hainaut français. L’établissement était destiné à accueillir les vieillards indigents et les enfants abandonnés de Valenciennes et de sa région. Ce projet s’inscrivait dans une politique d’assistance publique typique de l’Ancien Régime, où les hôpitaux généraux jouaient un rôle clé dans la gestion de la pauvreté et de l’exclusion sociale.
Les plans définitifs furent établis le 15 juillet 1751 par Charles-Toussaint Havez, ingénieur des Ponts et Chaussées du Hainaut, après validation par l’architecte parisien Pierre Contant d’Ivry. Le devis fut finalisé le 8 juin 1752, et les travaux, dirigés par Gillet, architecte de la ville, commencèrent en juillet 1752. Le chantier, marqué par des remblaiements du terrain (relevé d’un mètre pour s’adapter au niveau des rues), s’acheva partiellement en 1766, permettant l’inauguration le 1er juillet 1767. Cependant, les travaux se poursuivirent jusqu’en 1774, notamment pour ériger la chapelle, dont la nef porte la date de 1770.
L’architecture de l’hôpital s’organise autour de trois cours : la cour d’honneur, celle des cuisines, et celle des insensés (malades mentaux). Les bâtiments, en brique et pierre bleue, forment un quadrilatère de 70 m de profondeur, avec des voûtes en pendentifs et des galeries distribuant réfectoires et dortoirs. La chapelle, axiale, domine l’ensemble avec un chevet en abside et des voûtes en berceau. Quatre escaliers d’angle desservent les étages, dont les sols sont dallés de pierre bleue. La toiture actuelle, à faible pente, remplace l’originale détruite lors d’un incendie en 1940 pendant la Seconde Guerre mondiale.
En 1831, le service de santé des armées obtint la concession d’une partie des bâtiments pour y installer un hôpital militaire, malgré les protestations de la commission des hospices civils. Cette occupation dura jusqu’en 1894. Au XXe siècle, des modifications furent apportées, comme l’ajout de faux plafonds pour réduire la hauteur des salles (7,5 m au rez-de-chaussée) et la reconstruction de la charpente en béton armé après 1945. Classé Monument Historique en 1945, l’hôpital témoigne aujourd’hui de l’évolution des pratiques médicales et caritatives depuis le XVIIIe siècle.
Le site, d’une superficie d’1 hectare et 60 ares, illustre l’urbanisme hospitalier de l’époque, mêlant fonctionnalité et symbolisme. Le portail d’entrée, orné d’un balcon en fer forgé portant les dates 1752-1774, rappelle la durée des travaux. Les bâtiments, initialement voûtés pour résister (structure à l’épreuve), abritaient aussi des remises sous arcades et un espace dédié aux insensés, reflétant les conceptions médicales et sociales du siècle des Lumières.