Origine et histoire
L’hôpital de Tarbes, dit hôpital de la Clôture, fut décidé en 1663 et construit entre 1703 et 1738 au bord du canal de l’Ayguerote, dans le quartier de la Sède. Ce projet visait à centraliser l’accueil des mendiants, orphelins, errants et militaires malades, remplaçant progressivement d’autres établissements locaux comme Saint-Jacques et Saint-Blaise, fermés à la fin du XVIIIe siècle. L’hôpital devint le plus important des Hautes-Pyrénées sous la gestion des Filles de la Charité pendant la Révolution et jusqu’au milieu du XIXe siècle, avec une équipe de 10 religieuses et 9 employés.
La chapelle, édifiée dans le deuxième quart du XVIIIe siècle, est le seul élément conservé de l’ensemble d’Ancien Régime. Son architecture reflète une organisation sociale stricte : un escalier extérieur mène à l’entrée surélevée, tandis que l’intérieur, avec son retable dédié à l’enfance du Christ et ses tribunes, permettait une séparation des publics (malades, personnel, visiteurs) lors des offices. Les façades et toitures, protégées depuis 1979, ont été restaurées dans les années 1990, préservant un exemple remarquable d’architecture hospitalière du XVIIIe siècle.
Au XIXe siècle, l’hôpital s’agrandit et changea plusieurs fois de nom (hôpital Saint-Joseph, puis hôpital de l’Ayguerote), avant de devenir le Centre Hospitalier de Bigorre en 2003. Le site historique de l’Ayguerote, spécialisé en gériatrie (153 lits), fut progressivement complété par de nouveaux bâtiments, comme celui de La Gespe inauguré en 1979. Aujourd’hui, la chapelle reste le témoin silencieux de cette histoire, classée au titre des Monuments historiques avec ses ailes adjacentes.
Les lettres patentes d’août 1703 officialisèrent la création de l’hospice, dont les plans intégraient une symétrie rigoureuse : la chapelle centrale, encadrée de deux ailes parallèles, formait un ensemble harmonieux. Les élévations, enduites et ordonnancées, mêlaient baies cintrées et rectangulaires, tandis que le clocher polygonal dominait l’ensemble. À l’intérieur, le chœur, séparé par une table de communion en fer forgé, était orné d’un retable en bois illustrant des scènes de la Nativité, soulignant la dimension spirituelle et caritative de l’institution.