Frise chronologique
1646-1666
Construction initiale
Construction initiale
1646-1666 (≈ 1656)
Premier édifice hospitalier avant 1666.
1674
Fondation officielle
Fondation officielle
1674 (≈ 1674)
Reconnaissance par Louis XIV et arrivée des sœurs.
1702
Tempête dévastatrice
Tempête dévastatrice
1702 (≈ 1702)
Dégâts menant à une reconstruction.
1703-1713
Reconstruction par le cardinal de Bouillon
Reconstruction par le cardinal de Bouillon
1703-1713 (≈ 1708)
Nouveau bâtiment en forme de L.
1825
Aménagement de l'apothicairerie
Aménagement de l'apothicairerie
1825 (≈ 1825)
Boiseries Empire et faïences de Nevers.
1853
Création de la maternité
Création de la maternité
1853 (≈ 1853)
Modernisation des infrastructures médicales.
1910-1911
Travaux au pavillon des contagieux
Travaux au pavillon des contagieux
1910-1911 (≈ 1911)
Adaptation aux normes sanitaires.
1996
Départ des sœurs de Sainte-Marthe
Départ des sœurs de Sainte-Marthe
1996 (≈ 1996)
Fin de 323 ans de présence.
2001-2002
Protection monument historique
Protection monument historique
2001-2002 (≈ 2002)
Inscription puis classement partiel.
2017
Fermeture définitive comme hôpital
Fermeture définitive comme hôpital
2017 (≈ 2017)
Ouverture d’un nouvel établissement moderne.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'hôpital en totalité, y compris la cour d'honneur et la grille, le pigeonnier (cad. AM 406) : inscription par arrêté du 13 juin 2001 - La chapelle et l'apothicairerie (cad. AM 406) : classement par arrêté du 3 mai 2002
Personnages clés
| Cardinal de Bouillon - Abbé de Cluny et mécène |
Finança la reconstruction après 1702. |
| Louis XIV - Roi de France |
Reconnut officiellement l’institution en 1674. |
| François Buffet - Peintre religieux (1784-1863) |
Auteur des tableaux de la chapelle. |
| Sœurs de Sainte-Marthe - Ordre hospitalier (1674-1996) |
Gérèrent l’hôpital pendant 323 ans. |
| Duc et Duchesse de Bouillon - Bienfaiteurs et donateurs |
Mausolée conservé dans la chapelle. |
Origine et histoire
L’Hôpital-hospice de Cluny, aussi appelé Hôtel-Dieu, est un édifice emblématique construit entre la fin du XVIIe siècle et le début du XVIIIe siècle. Fondé sous l’impulsion des sœurs hospitalières de Sainte-Marthe et soutenu par des dons locaux, il succède à l’ancien hôpital Saint-Blaise, détruit en 1706. Son architecture, marquée par un plan en U ou en L, intègre une chapelle centrale et des salles dédiées aux malades, reflétant les pratiques médicales et religieuses de l’époque.
Le contexte historique de sa construction s’inscrit dans une période de renouveau des institutions caritatives en France, encouragée par l’Église et les élites locales. Le cardinal de Bouillon, abbé de Cluny de 1683 à 1715, joue un rôle clé en finançant partiellement la reconstruction après une tempête dévastatrice en 1702. Les travaux, menés entre 1703 et 1713, illustrent l’alliance entre dévotion et utilité publique, typique des hôtels-Dieu de l’Ancien Régime.
Au cours des siècles, le bâtiment subit plusieurs transformations pour s’adapter aux besoins médicaux et sociaux. Au XIXe siècle, une apothicairerie est aménagée, dotée de boiseries Empire et de faïences de Nevers, tandis que des extensions comme une maternité (1853) ou un pavillon pour contagieux (1910) modernisent l’établissement. Ces aménagements reflètent l’évolution des pratiques hospitalières, entre hygiénisme et spécialisation des soins.
L’Hôtel-Dieu de Cluny est aussi marqué par des événements tragiques ou symboliques, comme la destruction de l’hôpital Saint-Blaise ou la présence continue des sœurs de Sainte-Marthe jusqu’en 1996. La chapelle, ornée de tableaux de François Buffet et abritant les vestiges du mausolée des ducs de Bouillon, témoigne de son double héritage spirituel et médical. Ces éléments en font un lieu de mémoire à la fois religieux et scientifique.
Au XXe siècle, l’établissement se transforme avec la construction d’une nouvelle maternité (1948-1955) et d’une maison de retraite (1965-1973), avant de céder sa vocation hospitalière en 2017. Aujourd’hui, le site est protégé au titre des monuments historiques (inscrit en 2001, classé en 2002) et se visite comme un musée. La chapelle, l’apothicairerie et la salle Saint-Lazare, avec leurs collections de pots à pharmacie, offrent un voyage dans l’histoire de la médecine et de la charité en Bourgogne.
La reconnaissance patrimoniale de l’Hôtel-Dieu s’inscrit dans une dynamique plus large de valorisation du patrimoine hospitalier français. Son architecture, mêlant classicisme et fonctionnalité, en fait un exemple remarquable des hôtels-Dieu ruraux. Les visites guidées mettent en lumière son rôle social, ses innovations architecturales et son héritage artistique, renforçant son attractivité culturelle dans la région.