Origine et histoire de l'Hôpital Laennec
L’hôpital Laennec, situé au 40 rue de Sèvres dans le 7e arrondissement de Paris, trouve ses origines en 1634. À cette date, le cardinal François de La Rochefoucauld, grand aumônier de France, entreprend la construction d’un hospice dédié aux pauvres atteints de maux incurables, nommé hospice des Incurables. Les lettres patentes royales obtenues en 1637 officialisent son fonctionnement, assorti de privilèges et d’autorisations ecclésiastiques. L’architecte Christophe Gamard dirige les travaux, qui s’étendent jusqu’au XVIIIe siècle, donnant naissance à un ensemble architectural en forme de croix, centré sur une chapelle.
En 1873, l’hospice des Incurables est transféré à Ivry pour les patientes féminines, et l’établissement parisien devient un hôpital général. Il est renommé hôpital Laennec en 1878 en hommage à René Laënnec, inventeur du stéthoscope. La chapelle, édifiée sous Louis XIII, connaît une notoriété particulière entre 1945 et 1971 comme lieu de messe tridentine célébrée par Mgr Ducaud-Bourget. Le site abrite également les sépultures du cardinal de La Rochefoucauld et des frères Turgot, ainsi qu’une chaire attribuée à Bossuet et un tableau de Philippe de Champaigne.
L’architecture de l’hôpital illustre le style Louis XIII, marqué par l’emploi de matériaux contrastés (pierre, brique, ardoise) et une symétrie rigoureuse. La chapelle, classée monument historique en 1977, se distingue par sa sobriété : nef immaculée, vitraux discrets, et un espace organisé pour les fidèles et les ecclésiastiques. Ses dimensions (25,30 m de largeur, 32,20 m de longueur) et sa hauteur de 14,52 m en font un édifice imposant malgré sa simplicité.
Fermé en 2000, l’hôpital est vendu en 2002 à COGEDIM pour un programme immobilier mixte, Paris 7 Rive Gauche, achevé en 2014. Le site de 3,8 hectares, incluant 2 hectares de jardins, accueille désormais le siège du groupe Kering, des logements, des commerces et une résidence étudiante. La chapelle, bien que protégée, reste sans affectation claire. Une erreur de démolition en 2011 entraîne cependant la destruction de sa sacristie, malgré son classement.
Le bâtiment conserve des éléments remarquables comme les huit escaliers anciens des XVIIe et XVIIIe siècles, les façades et toitures classées, ou encore la fontaine égyptienne de la cour. Lors des Journées du patrimoine, Kering y expose des œuvres d’art contemporain de la collection Pinault. Le site apparaît aussi au cinéma, dans La Maman et la Putain (1973) de Jean Eustache, où un personnage est infirmière à Laennec.