Origine et histoire de l'hôpital Saint-Gabriel
L’hôpital Saint-Gabriel d’Autun, fondé au XVIIe siècle pour accueillir enfants abandonnés et mendiants, s’implante définitivement en 1668 sous l’impulsion de Mgr Roquette, évêque d’Autun. Une chapelle est édifiée en 1700, puis un asile entre 1764 et 1767, formant un ensemble architectural en T. Les sœurs de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul y assurent les soins, tandis que des extensions successives (aile gauche en 1764-1767, aile droite en 1822) adaptent l’établissement aux besoins médicaux et sociaux.
Les façades et toitures du XVIIIe siècle sont classées monuments historiques en 1971, préservant ce patrimoine hospitalier. Au XIXe siècle, l’hôpital se modernise avec des pavillons spécialisés (maternité, chirurgie, isolement) conçus par les architectes Rochefort, Badet et Truchot. En 1960, la chapelle est réduite, et les années 1950 voient la construction d’un bâtiment central pour regrouper les services. Racheté par la municipalité en 2021, le site est aujourd’hui reconverti en résidence intergénérationnelle par la fondation Habitat et Humanisme.
L’architecture initiale, marquée par un plan en E (chapelle centrale et ailes symétriques), mêle tuiles plates et ardoises, avec des lucarnes en pierre et un campanile métallique. Les extensions modernes, en terrasse, contrastent avec le style classique. L’entrée historique, à l’est, était rythmée par une allée bordée de grilles en fer forgé et de portails, aujourd’hui remplacée par un accès sur le boulevard Frédéric-Latouche. Le site illustre l’évolution des soins hospitaliers, de la charité médiévale à la médecine moderne.
L’hôpital Saint-Gabriel incarne aussi les mutations urbaines d’Autun : d’abord isolé, il s’intègre progressivement au tissu urbain, entre la rue de Lattre de Tassigny et le boulevard actuel. Son histoire reflète les réformes sociales (accueil des pauvres, maternité, psychiatrie) et les progrès médicaux (salles d’opération, hydrothérapie). La réhabilitation récente perpétue sa vocation solidaire, tout en préservant un patrimoine architectural remarquable, témoin de quatre siècles d’histoire hospitalière en Bourgogne.