Origine et histoire de l'hôpital Saint-Sauveur
L’hôpital Saint-Sauveur de Lille trouve ses origines au début du XIIIe siècle. En 1213, un asile de six lits fondé par le chanoine Jean Martin est détruit lors de l’incendie du siège de Lille par Philippe Auguste. Deux ans plus tard, en 1215, Jeanne de Constantinople refonde l’établissement sous le nom d’hôpital Saint-Sauveur, doté de huit lits et situé en bordure sud des remparts. Un oratoire pour les religieuses Augustines, chargées des soins, est ajouté en 1219. Cet oratoire, alors la plus ancienne construction religieuse de Lille, sera détruit en 1960.
Au XVIIe siècle, l’hôpital s’agrandit significativement : la salle Saint-Louis est construite entre 1699 et 1702, portant sa capacité à 20-30 patients. Pour la première fois en 1668, un chirurgien et un médecin y sont engagés. L’établissement, exempté de certaines taxes, bénéficie de dons et legs, lui permettant d’accueillir jusqu’à 160 patients lors du siège de Lille en 1708, puis les blessés de la bataille de Fontenoy (1745). Au XVIIIe siècle, il devient le principal hôpital de la ville, avec des rénovations majeures comme la reconstruction d’une aile de la cour d’honneur (1727-1734).
La Révolution française marque un tournant : la communauté des religieuses Augustines est dissoute en 1796, remplacée par des administrateurs laïcs. L’hôpital fusionne alors avec d’autres établissements charitables de Lille, devenant le principal site hospitalier de la ville. En 1896, un incendie détruit une grande partie des bâtiments, rapidement reconstruits. Au XXe siècle, malgré une capacité de 360 lits en 1902, l’hôpital ne peut plus s’étendre. Après le transfert des services vers la Cité hospitalière, il ferme définitivement en 1958. Seul subsiste le pavillon Saint-Sauveur, classé monument historique en 1923 et 1962, aujourd’hui siège de la Fondation de Lille.
Le pavillon conservé, unique vestige de l’hôpital, date du XVIIe siècle. Construit en brique et pierre, il présente une galerie voûtée au rez-de-chaussée, ornée d’arcades, et une façade rythmée par des pilastres ioniques et des fenêtres encadrées de pierre. À l’intérieur, une porte décorée d’anges et de cartouches rappelle son passé religieux. Classé pour ses façades et sa galerie, il illustre l’architecture hospitalière d’Ancien Régime, mêlant fonctionnalité et ornements baroques.