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Hospice Debrousse à Paris

Patrimoine classé
Hospice
Château

Hospice Debrousse à Paris

    146-148 Rue de Bagnolet
    75020 Paris

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1719
Acquisition par la duchesse d'Orléans
1720
Construction du pavillon de l'Ermitage
1725
Achèvement du château
1749
Mort de la duchesse d'Orléans
1769
Vente et morcellement du domaine
1887
Acquisition par l'Assistance publique
1987
Restauration du pavillon
2005
Ouverture au public
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Françoise-Marie de Bourbon, duchesse d'Orléans - Propriétaire et mécène Fit du château sa résidence favorite.
Claude Desgots - Paysagiste Redessina les jardins du château.
Jean Valade - Peintre Auteur des peintures de l'Ermitage.
Louis-Philippe d'Orléans - Dernier propriétaire noble Vendit le domaine en 1769.
Baron de Batz - Propriétaire post-révolutionnaire Utilisa l'Ermitage pour des réunions.
François Pomerel - Propriétaire au XIXe siècle Vendit le pavillon à l'Assistance publique.

Origine et histoire

Le château de Bagnolet, construit au début du XVIIIe siècle sur les territoires de Charonne (aujourd’hui intégré à Paris) et de Bagnolet, fut la résidence favorite de la duchesse d’Orléans, Françoise-Marie de Bourbon. Acquis en 1719, il fut embelli avec des jardins redessinés par Claude Desgots, petit-neveu d’André Le Nôtre, incluant fontaines, labyrinthes et un pavillon d’agrément, l’Ermitage, décoré de peintures murales en grisaille représentant des ermites.

Le domaine, d’une superficie de 200 arpents, s’étendait sur une partie du 20e arrondissement actuel. Il était alimenté en eau par des réservoirs et des canalisations enterrées, et relié à Paris par une allée plantée d’ormes, aujourd’hui la rue des Orteaux. Le château abritait même un théâtre où le duc d’Orléans joua la comédie en 1761. Après la mort de la duchesse en 1749, le domaine fut morcelé et vendu en 1769, marquant le début de sa démolition progressive.

Le pavillon de l’Ermitage, seul vestige subsistant, fut construit vers 1720 pour la duchesse d’Orléans. Non chauffé, il servait de lieu de détente estivale, orné de peintures de Jean Valade et redécoré en 1761 dans un style néo-classique « à la grecque ». Après la Révolution, il appartint à des particuliers, dont le baron de Batz, qui l’utilisa comme lieu de réunion politique. En 1887, il fut acquis par l’Assistance publique et intégré à l’hospice Alquier-Debrousse, avant d’être restauré en 1987 et ouvert au public en 2005.

L’hospice Debrousse, fondé en 1884 sur l’emplacement du château, perpétue aujourd’hui la mémoire du domaine. Le pavillon de l’Ermitage, classé comme dernière folie parisienne de style Régence, est accessible grâce à l’Association des amis de l’Ermitage. Ses peintures murales originales, représentant des ermites comme saint Venert et sainte Azelle, témoignent de son passé fastueux.

Le château de Bagnolet illustre l’influence de la maison d’Orléans sous la Régence, avec ses jardins à la française et son rôle de lieu de pouvoir et de culture. Sa démolition au XVIIIe siècle et la transformation de ses terres en hospice au XIXe siècle reflètent les mutations urbaines de Paris, où l’aristocratie cède progressivement la place à des institutions publiques.

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