Frise chronologique
1443
Fondation par Nicolas Rolin
Fondation par Nicolas Rolin
1443 (≈ 1443)
Acte de fondation signé le 4 août.
1er janvier 1452
Ouverture aux malades
Ouverture aux malades
1er janvier 1452 (≈ 1452)
Premiers patients accueillis dans le « palais des pauvres ».
1459
Création de l'ordre des sœurs hospitalières
Création de l'ordre des sœurs hospitalières
1459 (≈ 1459)
Ordre dédié aux soins des pauvres.
1645
Construction de la salle Saint-Hugues
Construction de la salle Saint-Hugues
1645 (≈ 1645)
Salle réservée aux hommes malades.
1859
Première vente aux enchères des vins
Première vente aux enchères des vins
1859 (≈ 1859)
Financement des hospices par la viticulture.
1971
Transfert des activités médicales
Transfert des activités médicales
1971 (≈ 1971)
L’Hôtel-Dieu devient un musée.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'Hôtel-Dieu ou Hospice : classement par liste de 1862
Personnages clés
| Nicolas Rolin - Chancelier de Bourgogne et fondateur |
Initiateur des Hospices avec Guigone de Salins. |
| Guigone de Salins - Épouse de Nicolas Rolin et cofondatrice |
Géra l’établissement après la mort de Rolin. |
| Rogier van der Weyden - Peintre flamand |
Auteur du polyptyque *Le Jugement dernier*. |
| Louis XIV - Roi de France |
Ordonna la séparation des salles par sexe en 1658. |
| Maurice Ouradou - Architecte-restaurateur (XIXe siècle) |
Restaura la salle des « pôvres » en 1875. |
Origine et histoire
Les Hospices de Beaune, fondés en 1443 par Nicolas Rolin, chancelier du duc de Bourgogne Philippe le Bon, et son épouse Guigone de Salins, sont un chef-d'œuvre de l'architecture gothique flamboyant. Situé à Beaune, ce monument fut conçu comme un « palais pour les pauvres malades », offrant soins gratuits aux indigents, vieillards et orphelins dès 1452. Son organisation reflète une fusion entre charité chrétienne et gestion hospitalière médiévale, avec des salles dédiées aux hommes, femmes, et malades graves.
La cour d'honneur, aux toits en tuiles vernissées multicolores, et la grande salle des « pôvres » (50 m de long) avec sa charpente en forme de carène de bateau renversée, illustrent le faste de l'édifice. Le polyptyque Le Jugement dernier de Rogier van der Weyden (1446-1452), commandé pour la chapelle, et le vignoble de 60 hectares, dont les vins sont vendus aux enchères depuis 1859, témoignent de son rayonnement culturel et économique. Classé Monument Historique en 1862, le site est aujourd’hui un musée.
L’établissement évolua aux XVIIe et XVIIIe siècles avec l’ajout de salles comme Saint-Hugues (1645) ou Saint-Louis (1661), et des transformations pour séparer les sexes ou accueillir des malades aisés. La salle des « pôvres », restaurée en 1875 par Maurice Ouradou (gendre de Viollet-le-Duc), perdit ses aménagements médiévaux originaux. En 1971, les activités médicales furent transférées vers un nouvel hôpital, permettant la conservation du site historique.
Le domaine viticole, issu de dons médiévaux, inclut des parcelles en premiers crus et grands crus de la Côte de Beaune et Côte de Nuits. La vente des hospices de Beaune, organisée chaque troisième dimanche de novembre, finance depuis 1859 les œuvres caritatives. L’Hôtel-Dieu, intégré au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2015 via les Climats du vignoble de Bourgogne, attire plus d’un million de visiteurs par an.
Parmi les éléments remarquables figurent la cuisine avec son tourne-broche automatisé (1698), l’apothicairerie du XVIIIe siècle avec ses 130 pots de faïence, et les caves médiévales de 300 m. Le site fut aussi un lieu de tournage pour des films comme La Grande Vadrouille (1966). Les fondateurs, Nicolas Rolin et Guigone de Salins, reposent dans la chapelle, symbolisant leur engagement philanthropique.
L’architecture allie austérité extérieure (façade en pierre) et richesse intérieure (décors sculptés, vitraux, toitures polychromes). Les tuiles vernissées, restaurées au XXe siècle, et les gargouilles ajoutées aux XIXe-XXe siècles reflètent des interventions ultérieures. Le monument incarne à la fois l’héritage bourguignon, l’innovation hospitalière médiévale et une tradition viticole toujours vivante.