Origine et histoire de l'Hôtel 8 Rue Docteur-Stoltz
L'ancien Hôtel d'Andlau, situé 8 rue Docteur-Stoltz à Andlau (Bas-Rhin), est un hôtel particulier de style Renaissance dont les façades sont inscrites au titre des monuments historiques depuis 1939. Construit après la mort en 1573 d'Alexandre d'Andlau par l'un de ses quatre fils, la date 1582 est inscrite sur le linteau de la porte de la tourelle d'escalier et la date 1583 a été mise au jour sur un pan de bois lors d'une étude archéologique. Le bâtiment a porté au fil du temps des appellations diverses telles que Stammhaus, Maison Rouge, Le Château, La Seigneurie, Manoir des comtes d'Andlau ou hôtel des Nobles d'Andlau. De 1582 à 1777 il appartenait à la famille d'Andlau-Birseck, puis passa aux Kollmann de 1777 à 1901, à Marie Charles Rouge de 1901 à 1916, à ses filles Antoinette et Eugénie Rouge jusqu'en 1948, à Lucien Becht jusqu'en 1970, à des propriétaires non identifiés jusqu'en 2005, puis à la commune d'Andlau depuis cette date. En 1777 Joseph Antoine Kollmann acheta l'hôtel aux héritiers du chanoine Joseph Louis d'Andlau, et les blasons du maître de l'ouvrage et de son épouse furent bûchés, probablement pendant la Révolution. Depuis octobre 2013 le bâtiment abrite le centre d'interprétation du patrimoine Les ateliers de la Seigneurie. L'édifice se distingue par ses hauts pignons à volutes, sa tourelle polygonale contenant un escalier à vis, une porte richement décorée et des fenêtres conservant des traces de décors peints. Il est principalement construit en grès local et comprend un rez-de-chaussée, deux étages et quatre niveaux de combles sous la toiture. Sa longueur est de 25,80 m, sa largeur de 14,45 m et la façade principale mesure 11 m de hauteur ; les murs affichent des épaisseurs de 1,07 m au rez-de-chaussée, 0,87 m et 0,75 m aux premier et deuxième étages, et de 0,60 à 0,56 m pour les combles. Les pans de bois des deux étages ont été assemblés avec des pièces de conifère (sapin et/ou épicéa) et leur remplissage est composé de moellon, grès, cailloux et fragments de briques liés au mortier, similaires aux murs. Des fouilles archéologiques menées de 2008 à 2012 par une équipe comprenant Maurice Laugner, Sophie Reeb, Maurice Seiller et Maxime Werlé, en collaboration avec le PAIR, ont livré de nombreuses découvertes. La plupart des objets provenaient de l'excavation de deux fosses de latrines datées de la fin du XVIe siècle, certaines reconstituées et d'autres laissées en l'état. Les vestiges comprennent environ 6 000 fragments de verre (dont 582 fragments de vitres), 1 937 fragments de céramique, 89 fragments métalliques, 49 fragments de terres cuites architecturales, 49 fragments textiles minéralisés, 26 fragments d'objets en bois et 17 fragments d'objets en cuir. Des éléments liés à la vie économique ont été mis au jour, notamment cinq plombs marchands, un jeton de compte en alliage cuivreux, des fragments probablement d'encriers, un poids en alliage cuivreux, un objet en deux chaînettes à maillons et un petit fragment de tôle d'or. Les fouilles ont également révélé de nombreux objets de cuisine et de table — pots ansés, tripodes, caquelons, jattes, couvercles, passoires, plats, assiettes, bouteilles, gobelets, verres, couverts — ainsi qu'une aiguière‑casque en faïence et des restes organiques tels que os de bovins et de volaille, poissons, fruits et plantes aromatiques. Parmi les découvertes figurent un carreau de poêle et un tesson considérés comme assez uniques. Plusieurs de ces objets sont présentés au centre d'interprétation Les ateliers de la Seigneurie et illustrent la vie quotidienne et l'art au XVIe siècle en Alsace. L'ouvrage La Seigneurie d'Andlau, dirigé par Maurice Seiller et Maxime Werlé, rassemble les résultats de l'étude et des fouilles.