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Frise chronologique
1582–1583
Construction de l’hôtel
Construction de l’hôtel
1582–1583 (≈ 1583)
Dates gravées sur linteau et pan de bois
1777
Vente aux Kollmann
Vente aux Kollmann
1777 (≈ 1777)
Achats par Joseph Antoine Kollmann
1939
Classement partiel
Classement partiel
1939 (≈ 1939)
Inscription des façades aux MH
2005
Acquisition par la ville
Acquisition par la ville
2005 (≈ 2005)
Devenu propriété communale
2008–2012
Fouilles archéologiques
Fouilles archéologiques
2008–2012 (≈ 2010)
Découvertes dans les latrines
2013
Ouverture du centre
Ouverture du centre
2013 (≈ 2013)
Les ateliers de la Seigneurie
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades : inscription par arrêté du 21 avril 1939
Personnages clés
| Frédéric d’Andlau - Père du commanditaire |
Décédé en 1573, fils constructeur |
| Joseph Antoine Kollmann - Propriétaire (1777–1901) |
Acheteur après les d’Andlau |
| Marie Charles Rouge - Peintre et propriétaire |
Donne le nom *Maison Rouge* (1901–1916) |
| Maurice Seiller - Chercheur en archéologie |
Co-auteur des fouilles 2008–2012 |
| Maxime Werlé - Archéologue territorial |
Responsable des fouilles PAIR |
Origine et histoire
L’hôtel d’Andlau, situé au 8 rue Docteur-Stoltz à Andlau (Bas-Rhin), est un édifice Renaissance construit entre 1582 et 1583 par l’un des quatre fils de Frédéric d’Andlau, comme l’attestent les dates gravées sur le linteau de la tourelle d’escalier et un pan de bois du premier étage. Connu sous divers noms (Stammhaus, Maison Rouge, Le Château), il incarne l’héritage architectural des comtes d’Andlau-Birseck, famille noble alsacienne. Ses façades, inscrites aux monuments historiques depuis 1939, se distinguent par des pignons à volutes, une tourelle polygonale et des décors peints sur les fenêtres.
Le bâtiment, en grès local, combine rez-de-chaussée en pierre et étages à pans de bois (sapin/épicéa), avec des murs épais jusqu’à 1,07 m. Il a changé de propriétaires au fil des siècles : la famille d’Andlau-Birseck (1582–1777), les Kollmann (1777–1901), puis le peintre Marie Charles Rouge (1901–1916), qui lui donna son surnom Maison Rouge. Après 1948, il passa entre des mains privées avant d’être acquis par la ville d’Andlau en 2005. Depuis 2013, il accueille Les ateliers de la Seigneurie, un centre d’interprétation du patrimoine.
Des fouilles archéologiques (2008–2012) ont révélé des objets du XVIe siècle dans deux fosses de latrines, témoignant de la vie quotidienne de l’aristocratie alsacienne : vaisselle en céramique (1 937 fragments), verres (6 000 fragments), textiles, outils de cuisine, et restes organiques (bovins, volaille, poissons). Parmi les pièces remarquables figurent un carreau de poêle, un tesson unique, et des plombs marchands estampés. Ces découvertes, exposées sur place, éclairent les pratiques domestiques, l’alimentation et l’hygiène de l’époque.
L’architecture de l’hôtel reflète le statut social de ses occupants : hauts pignons ornés, escalier à vis dans une tourelle hexagonale, et porte richement sculptée. Les matériaux (grès, moellons, briques) et les techniques (pans de bois, mortier) illustrent les savoir-faire locaux. Le bâtiment, symbole du pouvoir des comtes d’Andlau, a survécu aux bouleversements historiques, dont la Révolution française — période durant laquelle ses blasons furent bûchés.
Aujourd’hui, l’hôtel d’Andlau joue un rôle culturel majeur en Grand Est. Son centre d’interprétation met en valeur les résultats des fouilles et l’histoire de la seigneurie, offrant un éclairage sur la Renaissance alsacienne. Classé pour ses façades, il reste un exemple rare d’hôtel aristocratique conservé, lié à l’histoire viticole et politique de la région.