Origine et histoire
L’hôtel de Stainville, situé 9 rue Mably à Nancy (Meurthe-et-Moselle, Grand Est), est un hôtel particulier construit en 1619 pour Pierre de Stainville, grand doyen de la Primatiale. Son architecture combine briques rouges et noires en motifs losangés, inspirés des fortifications de la ville, et un porche surmonté d’un buste du duc Henri II de Lorraine. Les façades, le vestibule, l’escalier et les toitures sont protégés depuis 1944.
Le bâtiment s’organise autour de deux cours : une cour principale donnant sur la rue Mably, et une cour des communs accessible par la rue des Tiercelins. Le corps de logis, à un étage, présente des fenêtres à frontons et des chaînes d’angle ornées de harpes. Un escalier rampe-sur-rampe en pierre, datant de 1619 (date portée sous le palier), dessert l’étage où se trouvaient initialement deux appartements symétriques, une grande salle traversante, et une galerie de peinture.
Commandé à l’origine par Antoine de Lenoncourt en 1607, le projet est repris par Pierre de Stainville en 1608. Les travaux, menés par des artisans locaux (Jean Braconnier, Nicolas et Lambert Charles, Didier Barbonnois), s’achèvent en 1619. Au XVIIIe siècle, Henri-Hyacinthe de Tornielle modifie le portail, surélève légèrement le corps principal et réfectionne la charpente (datée 1721). À la Révolution, l’hôtel échappe à la vente comme bien national, puis est divisé en deux au XIXe siècle, abritant successivement un pensionnat, un chapelier et un robinetier.
Classé monument historique en 1944, l’hôtel conserve des éléments intérieurs du XVIIe siècle (plafonds à la française) et du XIXe siècle (décors Beunat). La façade sur jardin a été restaurée en 2014. Aujourd’hui partagé entre plusieurs propriétaires, il témoigne de l’influence parisienne à Nancy via l’architecte Lambert, introduisant le modèle de l’hôtel entre cour et jardin en Lorraine.
Le buste du duc Henri II, initialement sur le porche, a été remplacé à la fin du XIXe siècle par une copie d’Ernest Bussière (l’original est conservé au Musée lorrain). L’inventaire après décès de Pierre de Stainville révèle une organisation intérieure typique des hôtels particuliers de l’époque : espaces de représentation au rez-de-chaussée, appartements privés à l’étage, et dépendances (cuisine, volière) dans les ailes latérales.