Origine et histoire de l'Hôtel Andras de Marcy
L’hôtel Andras de Marcy, situé 14 rue Creuse à Nevers, est un édifice emblématique dont la construction remonte à vers 1470, dans le dernier quart du XVe siècle. Il incarne l’évolution architecturale locale, avec une première phase gothique tardive, suivie d’une transformation majeure vers 1560 : la façade sur cour, initialement gothique, est remplacée par une façade maniériste, reflétant les influences artistiques de la Renaissance. Ce remaniement s’accompagne de la création d’une galerie à arcades sur plusieurs niveaux, dont le premier étage arbore un plafond à caissons décoré de grotesques inscrits dans des médaillons, daté de 1565-1570.
En 1584, le bâtiment est divisé en deux hôtels autonomes, chacun doté d’un portail d’entrée indépendant. Cette scission marque une adaptation aux besoins résidentiels de l’époque, probablement liée à des changements de propriété ou d’usage. À la fin du XVIIIe siècle, l’hôtel prend le nom de ses nouveaux propriétaires, la famille Andras de Marcy, avant de subir de nouvelles modifications fonctionnelles : au XIXe siècle, ses combles sont aménagés en ateliers de lingerie, et des bâtiments annexes sont érigés dans la cour, témoignant de son intégration dans l’activité économique locale.
L’hôtel Andras de Marcy est inscrit aux Monuments Historiques depuis le 11 juillet 2001, avec une protection portant sur les façades, toitures, le portail, le mur sur rue, ainsi que l’ensemble maniériste formé par la façade sur cour et la galerie du premier étage. Ces éléments soulignent son importance patrimoniale, mêlant héritage médiéval et innovations Renaissance. Son histoire reflète aussi les dynamiques sociales et économiques de Nevers, ville marquée par son rôle de capitale du duché de Nivernais et son activité artisanale croissante aux XVIIe et XVIIIe siècles.
Les sources disponibles (Mérimée, Monumentum, Wikipedia) confirment son statut de monument hybride, où se superposent des strates stylistiques et fonctionnelles. La galerie à arcades, notamment, illustre l’adoption précoce des motifs italiens dans l’architecture française, tandis que les aménagements ultérieurs (ateliers, portails) révèlent une adaptation constante aux usages urbains. Aujourd’hui, l’hôtel reste un témoignage majeur de l’évolution du bâti nivernais, entre résidence aristocratique, lieu de production et patrimoine protégé