Origine et histoire
L'Hôtel Azémar, aussi appelé Hôtel de Beaumont ou Hôtel de Teste, est un hôtel particulier situé au 9-11 rue de la Croix à Avignon. Construit au cours de la première moitié du XVIIIe siècle, il résulte de la fusion de deux maisons adjacentes, initialement séparées par une impasse. La maison du no 9 appartenait à Jacques de Beaumont, chanoine de la collégiale Saint-Pierre, et fut louée en 1618 à Armand du Plessis, futur cardinal de Richelieu, pendant son exil avignonnais. Ce séjour, marqué par la présence de sa famille et de son secrétaire Michel le Masle, dura près d’un an et vit la rédaction de son Catéchisme du diocèse de Luçon.
En 1685, Julie de Cavaillon, veuve de Philippe de Bertrand de Pélicier, acquiert la maison du no 9 et unit les deux propriétés par un arceau au-dessus de l’impasse. En 1730, un conflit oppose Joseph-Dominique de Garcin, alors propriétaire, au chapitre de Saint-Agricol concernant la propriété du passage menant à la chapelle Sainte-Croix. Ce litige se résout par la cession du passage à Garcin et la vente de la chapelle au Mont-de-Piété. L’unification des façades et la construction majeure de l’hôtel sont attribuées à Joseph de Teste après 1740, bien que l’implication de l’architecte Jean-Baptiste Franque reste hypothétique, faute de documents.
Pendant la Révolution, l’hôtel est confisqué à François-Joseph de Teste, réfugié en Italie, avant d’être récupéré par sa famille au XIXe siècle. Il passe ensuite entre les mains de médecins avignonnais, dont le docteur Azémar qui le restaure. Légué à la ville d’Avignon en 2013 par Michèle Azémar, il est aujourd’hui en cours de transformation en musée d’art contemporain. Classé monument historique en 1992, il conserve des éléments remarquables comme ses escaliers en fer forgé, ses salons du XVIIIe siècle et son jardin avec fontaine.
L’histoire de l’hôtel est étroitement liée à des figures marquantes, dont Richelieu, dont le séjour en 1618-1619 reste un épisode célèbre, et les familles de Beaumont, Garcin, et Teste, qui en ont façonné l’identité architecturale et sociale. Son évolution reflète les bouleversements politiques et culturels d’Avignon, du XVIIe siècle à nos jours.