Frise chronologique
1702
Construction de l'hôtel
Construction de l'hôtel
1702 (≈ 1702)
Commandé par Louis Dublineau, bâti par Jacques V Gabriel.
1777
Décors intérieurs et nouveau propriétaire
Décors intérieurs et nouveau propriétaire
1777 (≈ 1777)
Acquis par Claude Baudard de Saint-James, décors par Bélanger.
1814
Achats par Isaac Thuret
Achats par Isaac Thuret
1814 (≈ 1814)
Siège de la banque Thuret et Consulat de Hollande.
1848-1855
Location à l'ambassade de Russie et Chopin
Location à l'ambassade de Russie et Chopin
1848-1855 (≈ 1852)
Chopin occupe un appartement de 1849 à 1855.
1927 et 1930
Protections au titre des monuments historiques
Protections au titre des monuments historiques
1927 et 1930 (≈ 1930)
Salon inscrit en 1927, façades classées en 1930.
2020
Rénovation et réouverture
Rénovation et réouverture
2020 (≈ 2020)
Travaux menés par Patricia Grosdemange pour Chaumet.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Salon du premier étage : inscription par arrêté du 2 mai 1927 ; Façades et toitures : classement par arrêté du 17 mai 1930
Personnages clés
| Louis Dublineau - Docteur en Sorbonne et commanditaire |
Premier propriétaire, fait construire l’hôtel en 1702. |
| Jacques V Gabriel - Architecte |
Conçoit l’hôtel Baudard de Saint-James. |
| Claude Baudard de Saint-James - Trésorier général de la Marine |
Deuxième propriétaire, commande les décors en 1777. |
| Frédéric Chopin - Compositeur et pianiste |
Locataire de 1849 à 1855. |
| François-Joseph Bélanger - Architecte décorateur |
Réalise les décors intérieurs en 1777. |
| Isaac Thuret - Banquier et propriétaire |
Achète l’hôtel en 1814, y installe sa banque. |
Origine et histoire
L’hôtel Baudard de Saint-James est un hôtel particulier édifié en 1702 sur la place Vendôme à Paris, dans le 1er arrondissement. Commandé par Louis Dublineau, docteur en Sorbonne et prieur de Longchamp, sa construction est confiée à l’architecte Jacques V Gabriel. Le bâtiment doit son nom à Claude Baudard de Saint-James, trésorier général de la Marine, qui en devient le deuxième propriétaire en 1777 et y fait réaliser des décors intérieurs par François-Joseph Bélanger et le peintre Jean-Jacques Lagrenée.
Initialement acquis en 1699 par le financier Mathurin Besnier, le terrain est revendu à Dublineau, qui en cède rapidement l’usufruit au marquis Louis-Urbain Aubert de Tourny. Au XIXe siècle, l’hôtel change plusieurs fois de mains : racheté en 1814 par le banquier Isaac Thuret, il abrite alors la banque Thuret & Co, le Consulat général de Hollande, et accueille même l’ambassade de Russie en 1848. Frédéric Chopin y loue un appartement de 1849 à 1855, pour un loyer annuel de 3 500 francs.
En 1855, l’hôtel est vendu à Basile Parent, puis passe en 1920 aux mains de la famille Rothschild via la Société minière de Pennaroya. Classé aux monuments historiques pour ses façades et toitures en 1930, et inscrit pour son salon du premier étage dès 1927, il est aujourd’hui propriété de la maison Chaumet. Après une rénovation menée en 2020 par l’architecte Patricia Grosdemange, il abrite désormais ses salons, son atelier de joaillerie et une boutique.
Parmi les anecdotes notables, les registres de 1849 révèlent que Chopin occupait un logement spacieux, loin du « grabat des écuries » souvent évoqué. L’hôtel aurait aussi accueilli la comtesse de Montijo et ses filles, dont Eugénie, future impératrice, bien que les archives mentionnent plutôt la princesse Alina Stirbey en 1851. Ces détails illustrent son rôle central dans la vie mondaine parisienne aux XVIIIe et XIXe siècles.
Architecturalement, l’hôtel se distingue par sa localisation mitoyenne entre l’hôtel de La Fare (no 14) et l’hôtel de La Tour-Maubourg (no 10), à l’est de la place Vendôme. Ses décors du XVIIIe siècle, préservés malgré les changements de propriétaires, témoignent de son prestige durable, aujourd’hui mis en valeur par Chaumet.