Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Hôtel Beauharnais à Paris

Patrimoine classé Hotel particulier classé Ambassade

Hôtel Beauharnais à Paris

    78 Rue de Lille
    75007 Paris

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1713
Construction par Boffrand
1803
Achat par Eugène de Beauharnais
1818
Achat par la Prusse
1871
Ambassade de l’Empire allemand
1951
Classement monument historique
1962
Rétrocession à la RFA
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Germain Boffrand - Architecte Conçoit l’hôtel et son jardin en 1713.
Eugène de Beauharnais - Propriétaire et vice-roi d’Italie Acheteur en 1803, beau-fils de Napoléon Ier.
Napoléon Ier - Empereur des Français Critique les dépenses de rénovation excessives.
Frédéric-Guillaume III - Roi de Prusse Acheteur en 1818 pour en faire une légation.
Otto von Bismarck - Chancelier allemand et ambassadeur Y séjourné en 1862 et 1867, critique le bâtiment.
Herschel Grynszpan - Militant antinazi Assassine Ernst vom Rath en 1938 dans l’ambassade.

Origine et histoire

L’hôtel Beauharnais, situé au 78 rue de Lille à Paris, est un hôtel particulier édifié en 1713 par l’architecte Germain Boffrand sur un terrain longeant la Seine. Boffrand y construit plusieurs demeures, dont cet hôtel dont le jardin rejoint alors le fleuve (actuel quai Anatole-France). Vendue en 1715 à Jean-Baptiste Colbert, marquis de Torcy, la propriété passe en 1766 aux mains du duc de Villeroy. Son nom actuel provient d’Eugène de Beauharnais, vice-roi d’Italie et beau-fils de Napoléon Ier, qui l’acquiert en 1803 pour 195 000 francs.

Sous l’Empire, l’hôtel, alors délabré, est rénové sous la direction de l’architecte Nicolas Bataille, avec des dépenses jugées excessives par Napoléon. Ce dernier critique vivement les sommes « immenses jetées à la rivière », notamment par Joséphine et Hortense de Beauharnais. La modification la plus marquante est l’ajout d’un porche égyptien, symbole du goût de l’époque pour l’Égypte antique. Eugène de Beauharnais n’y réside que brièvement, en 1811.

En 1814, le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III en fait sa résidence parisienne avant d’y installer la légation prussienne en 1818, pour 575 000 francs. L’hôtel devient un lieu diplomatique clé : Bismarck y séjourné en 1862 et 1867, critiquant son humidité, tandis que Napoléon III y est reçu lors de l’Exposition universelle. En 1871, il abrite l’ambassade du nouvel Empire allemand. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est confisqué par la France, puis rétrocédé à la RFA en 1962.

Classé monument historique en 1951, l’hôtel conserve des décors intérieurs remarquables, comme le Salon des Quatre Saisons ou la chambre d’Hortense. Depuis 2000, une restauration minutieuse célèbre son bicentenaire prussien. Aujourd’hui, il sert de résidence à l’ambassadeur d’Allemagne, tandis que l’ambassade elle-même est située avenue Franklin-D.-Roosevelt.

Parmi les événements marquants, l’hôtel est lié à l’affaire Dreyfus (1894), à l’assassinat du diplomate Ernst vom Rath par Herschel Grynszpan en 1938, et à des réceptions controversées sous le IIIe Reich. Son histoire reflète les tensions franco-allemandes, de la Revue à la réconciliation post-1945.

Un projet de recherche du Centre allemand d’histoire de l’art inventorie actuellement son mobilier et ses œuvres d’art, témoignant de son importance patrimoniale. Les sources incluent des ouvrages spécialisés et des archives diplomatiques, soulignant son double héritage architectural et politique.

Devenir actuel

C'est la résidence de l'ambassadeur d'Allemagne en France (l'ambassade elle-même se trouve avenue Franklin-D.-Roosevelt).

Liens externes