Frise chronologique
1713
Construction par Boffrand
Construction par Boffrand
1713 (≈ 1713)
Germain Boffrand édifie l’hôtel et son jardin.
1803
Achat par Eugène de Beauharnais
Achat par Eugène de Beauharnais
1803 (≈ 1803)
Acquis pour 195 000 francs, rénové.
1818
Achat par la Prusse
Achat par la Prusse
1818 (≈ 1818)
Deviens légation prussienne pour 575 000 francs.
1871
Ambassade de l’Empire allemand
Ambassade de l’Empire allemand
1871 (≈ 1871)
Siège diplomatique après l’unification allemande.
1951
Classement monument historique
Classement monument historique
1951 (≈ 1951)
Protection officielle de l’État français.
1962
Rétrocession à la RFA
Rétrocession à la RFA
1962 (≈ 1962)
Rendu à l’Allemagne dans un contexte de réconciliation.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Germain Boffrand - Architecte |
Conçoit l’hôtel et son jardin en 1713. |
| Eugène de Beauharnais - Propriétaire et vice-roi d’Italie |
Acheteur en 1803, beau-fils de Napoléon Ier. |
| Napoléon Ier - Empereur des Français |
Critique les dépenses de rénovation excessives. |
| Frédéric-Guillaume III - Roi de Prusse |
Acheteur en 1818 pour en faire une légation. |
| Otto von Bismarck - Chancelier allemand et ambassadeur |
Y séjourné en 1862 et 1867, critique le bâtiment. |
| Herschel Grynszpan - Militant antinazi |
Assassine Ernst vom Rath en 1938 dans l’ambassade. |
Origine et histoire
L’hôtel Beauharnais, situé au 78 rue de Lille à Paris, est un hôtel particulier édifié en 1713 par l’architecte Germain Boffrand sur un terrain longeant la Seine. Boffrand y construit plusieurs demeures, dont cet hôtel dont le jardin rejoint alors le fleuve (actuel quai Anatole-France). Vendue en 1715 à Jean-Baptiste Colbert, marquis de Torcy, la propriété passe en 1766 aux mains du duc de Villeroy. Son nom actuel provient d’Eugène de Beauharnais, vice-roi d’Italie et beau-fils de Napoléon Ier, qui l’acquiert en 1803 pour 195 000 francs.
Sous l’Empire, l’hôtel, alors délabré, est rénové sous la direction de l’architecte Nicolas Bataille, avec des dépenses jugées excessives par Napoléon. Ce dernier critique vivement les sommes « immenses jetées à la rivière », notamment par Joséphine et Hortense de Beauharnais. La modification la plus marquante est l’ajout d’un porche égyptien, symbole du goût de l’époque pour l’Égypte antique. Eugène de Beauharnais n’y réside que brièvement, en 1811.
En 1814, le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III en fait sa résidence parisienne avant d’y installer la légation prussienne en 1818, pour 575 000 francs. L’hôtel devient un lieu diplomatique clé : Bismarck y séjourné en 1862 et 1867, critiquant son humidité, tandis que Napoléon III y est reçu lors de l’Exposition universelle. En 1871, il abrite l’ambassade du nouvel Empire allemand. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est confisqué par la France, puis rétrocédé à la RFA en 1962.
Classé monument historique en 1951, l’hôtel conserve des décors intérieurs remarquables, comme le Salon des Quatre Saisons ou la chambre d’Hortense. Depuis 2000, une restauration minutieuse célèbre son bicentenaire prussien. Aujourd’hui, il sert de résidence à l’ambassadeur d’Allemagne, tandis que l’ambassade elle-même est située avenue Franklin-D.-Roosevelt.
Parmi les événements marquants, l’hôtel est lié à l’affaire Dreyfus (1894), à l’assassinat du diplomate Ernst vom Rath par Herschel Grynszpan en 1938, et à des réceptions controversées sous le IIIe Reich. Son histoire reflète les tensions franco-allemandes, de la Revue à la réconciliation post-1945.
Un projet de recherche du Centre allemand d’histoire de l’art inventorie actuellement son mobilier et ses œuvres d’art, témoignant de son importance patrimoniale. Les sources incluent des ouvrages spécialisés et des archives diplomatiques, soulignant son double héritage architectural et politique.
Devenir actuel
C'est la résidence de l'ambassadeur d'Allemagne en France (l'ambassade elle-même se trouve avenue Franklin-D.-Roosevelt).