Origine et histoire
L'hôtel Desportes de Linières, dit aussi hôtel Belin de Béru, est un hôtel particulier situé au 9 rue des Boucheries, dans le quartier des Halles au Mans (Sarthe). Daté de 1760, il remonte au milieu du XVIIIe siècle. Situé en haut de la place de l'Éperon, il figure parmi les plus anciens édifices de la place, aux côtés de l'ancien grenier à sel et des termes de Vindunum. L'hôtel a survécu à plusieurs opérations de reconstruction du voisinage mais a longtemps été menacé et délaissé. Dépouillé de ses parquets et de ses cheminées, il a vu le lierre dégrader le tuffeau de ses ornements. Au milieu des années 1980, le nouveau propriétaire et l'architecte des bâtiments de France ont entrepris sa restauration pour lui rendre son aspect initial. Les façades et toitures, le grand escalier, l'antichambre, une chambre, la salle à manger et l'ancien salon au rez-de-chaussée, ainsi que la salle à manger et trois chambres au premier étage du n°9 rue des Boucheries ont été inscrits au titre des monuments historiques le 13 octobre 1975. Les façades, toitures et le grand escalier du n°97 rue des Boucheries ont été inscrits le 10 février 2015. Le plan de l'hôtel est un quadrilatère irrégulier avec un seul angle droit au sud-est ; la façade principale, exposée plein sud, dominait autrefois un vaste jardin et avait été masquée par de hauts murs côté rue. La façade extérieure présente trois niveaux de baies régulières : six portes-fenêtres reliées par un bandeau et surmontées de linteaux en arc brisé caractéristiques de l'époque. Le premier étage comporte six fenêtres à garde-corps en fer forgé dont les linteaux sont ornés de clefs saillantes au goût Louis XV, agrémentées de palmes et de mascarons. À l'étage supérieur, les garde-corps portent les initiales DLL, pour Desportes de Linières et Mademoiselle Leprince, épouse dudit duc ; le troisième niveau s'ouvre par six lucarnes mansardées en pierre de taille. Le pignon donnant sur la rue des Boucheries compte deux travées de fenêtres et de lucarnes avec garde-corps et clefs sculptées. La façade sur cour, orientée nord et réservée aux domestiques, est plus simple : cinq travées dont les baies du rez-de-chaussée sont encadrées de pierre de roussard et celles de l'étage de calcaire avec linteaux délardés et clefs saillantes ; les lucarnes y sont en bois. Le toit présente des combles brisés ornés de corniches en pierre de taille et la façade est d'un blanc rosé ; la gouttière a été supprimée lors des travaux de restauration. À l'intérieur, l'organisation associe au sud quatre grandes salles de maître et, au nord, quatre petites pièces de service ; le bâtiment comprend également un sous-sol. Les grands appartements du rez-de-chaussée sont finement lambrissés et leurs plafonds, décorés à l'italienne, présentent moulures et rosaces centrales. Le salon de l'extrémité est, malgré les pillages, doté d'une belle cheminée de marbre de style Louis XV et d'un trumeau de stuc avec une large arcade en plein cintre et une clef ornée de chutes de rose et de feuilles d'acanthe ; il reçoit la lumière du sud par deux grandes portes-fenêtres. Les deux pièces centrales, également lambrissées, sont plus sobres ; le quatrième appartement du rez-de-chaussée, situé à l'angle du jardin et de la rue, fut au début du XIXe siècle un salon de compagnie pourvu d'une vingtaine de sièges et de nombreuses tables de jeu. Dans l'angle nord-ouest se situent la cuisine avec fourneau et évier en pierre, la décharge de cuisine, la cage d'escalier et deux offices.