Origine et histoire de l'Hôtel Bonvalot
L’hôtel Bonvalot, aussi appelé Maison des chanoines, est un hôtel particulier construit dans la première moitié du XVIe siècle à Besançon, dans le département du Doubs. Situé 4-6 rue du Cingle, derrière le château d’eau de la source d’Arcier, il illustre l’architecture résidentielle des grands seigneurs ecclésiastiques de la Renaissance. L’édifice, protégé au titre des monuments historiques depuis 1926 et 1938, se distingue par sa façade, son cloître, et un logis en U organisant une cour intérieure prolongée par un jardin avec belvédère.
Entre 1538 et 1544, l’hôtel est édifié pour François Bonvalot, oncle du cardinal Antoine de Granvelle, abbé des abbayes Saint-Vincent de Besançon et Saint-Pierre de Luxeuil, ainsi qu’ambassadeur de Charles-Quint en France. La ville lui fournit en 1540 le bois nécessaire à sa construction. Le bâtiment combine moellons et pierres de taille, avec un escalier d’honneur et une chapelle aménagée au premier étage. À l’origine, une fabrique en belvédère ornée de devises et peintures emblématiques, décrite en 1653 par Jules Chifflet, dominait le jardin, mais a aujourd’hui disparu.
Après la mort de François Bonvalot en 1560, l’hôtel passe entre les mains de sa famille, puis aux Bauffremont au XVIIe siècle. Au XIXe siècle, il est acquis par la congrégation des Sœurs de la Sainte-Famille (1827), qui le transforme en pensionnat pour jeunes filles. Des modifications majeures sont réalisées : surélévation du logis en 1843, aménagements de la chapelle par l’architecte Maximin Painchaux (1855-1857), et reconstruction de la porte cochère par Alfred Ducat en 1866. Les peintures murales de la galerie, signées Roberti de Brescia (1856), témoignent de cette période.
Aujourd’hui, l’hôtel Bonvalot reste la propriété de la congrégation des Sœurs de la Sainte-Famille, servant toujours de couvent. Ses éléments protégés incluent la façade, le cloître (inscrits en 1926), et la couverture d’un bâtiment en recul (inscrit en 1938). Le site, marqué par son histoire religieuse et éducative, reflète les transformations architecturales et sociales de Besançon du XVIe au XIXe siècle.