Frise chronologique
1672-1675
Rénovation du corps central
Rénovation du corps central
1672-1675 (≈ 1674)
Dirigée par Louis Jaubert pour Jean-Baptiste Boyer
1678
Réalisation de la rampe
Réalisation de la rampe
1678 (≈ 1678)
Œuvre du ferronnier Pierre Cachou
1682
Décoration de la chambre
Décoration de la chambre
1682 (≈ 1682)
Plafond peint de la chambre de parade
1er quart du XVIIe siècle
Début de la construction
Début de la construction
1er quart du XVIIe siècle (≈ 1725)
Initiée par Madeleine de Forbin d’Oppède
1763
Bannissement familial
Bannissement familial
1763 (≈ 1763)
Alexandre Boyer exilé pour défense des jésuites
1988
Classement monument historique
Classement monument historique
1988 (≈ 1988)
Protection de l’hôtel et de ses cours
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'hôtel, y compris le mur de clôture de la cour sur la rue Espariat ; la façade et la toiture, place des Chapeliers ; le sol des deux cours (cad. AC 152) : classement par arrêté du 26 avril 1988
Personnages clés
| Madeleine de Forbin d’Oppède - Commanditaire initiale |
Veuve de Vincent Boyer d’Éguilles |
| Jean-Baptiste de Boyer d’Éguilles - Mécène et concepteur |
Fils de Vincent, rénovateur de l’hôtel |
| Louis Jaubert - Architecte |
Auteur de la façade colossale |
| Pierre Cachou - Ferronnier |
Créateur de la rampe en 1678 |
| Sébastien Barras - Peintre |
Auteur du plafond du salon |
| Alexandre Jean-Baptiste de Boyer - Dernier occupant noble |
Banni en 1763 pour soutien aux jésuites |
Origine et histoire
L’hôtel Boyer d’Éguilles, situé au 6 rue Espariat à Aix-en-Provence, est un hôtel particulier construit en deux phases majeures : le premier quart du XVIIe siècle et la première moitié du XVIIIe siècle. Sa construction fut initiée par Madeleine de Forbin d’Oppède, veuve de Vincent Boyer d’Éguilles, conseiller au parlement d’Aix. L’édifice adopte un plan traditionnel en U, avec un corps central à façade colossale, longtemps attribuée à tort à Pierre Puget. Les ailes latérales, bien que prévues pour un décor identique, restèrent inachevées au XVIIe siècle.
Entre 1672 et 1675, Jean-Baptiste de Boyer d’Éguilles, fils de Vincent, confia à l’architecte Louis Jaubert la rénovation du corps central. Ce dernier conçut une façade à cinq travées et un escalier audacieux à volée semi-ovale, doté d’une rampe en fer forgé réalisée en 1678 par Pierre Cachou. Le premier étage abritait trois chambres aux plafonds peints dans les années 1680, dont une chambre de parade décorée en 1682. Le grand salon du rez-de-chaussée, aujourd’hui disparu, était orné d’un plafond peint par Sébastien Barras, inspiré du palais Barberini de Rome, et exposait une collection de tableaux de maîtres (Raphaël, Titien, Rubens...).
Au XVIIIe siècle, l’hôtel connut des rénovations, notamment le portail central en 1715 et 1750. Après le bannissement d’Alexandre Jean-Baptiste de Boyer en 1763, le bâtiment resta vide pendant dix ans. Au XXe siècle, il fut transformé en fabrique de pâtes, perdant une partie de ses décors, avant d’abriter le Muséum d’histoire naturelle de 1950 à 2014. Classé monument historique en 1988 pour son hôtel, ses cours et sa toiture, il est aujourd’hui partiellement occupé par des commerces après une rénovation menée par un groupe immobilier depuis 2010.
L’hôtel se distingue par son décor intérieur conçu par Jean-Baptiste Boyer d’Éguilles, incluant des peintures écorées et une rampe d’escalier signée Pierre Cachou. Son histoire reflète les fastes de l’aristocratie aixoise, entre mécénat artistique et déclin patrimonial. Les gravures de Jacques Coelemans et Sébastien Barras, publiées en 1709 et 1744, témoignent de la richesse de sa collection picturale, aujourd’hui dispersée.
Propriété successive de familles nobles, d’industriels et d’associations, l’hôtel Boyer d’Éguilles illustre les mutations sociales et économiques d’Aix-en-Provence, des parlementaires du XVIIe siècle aux enjeux contemporains de préservation. Son classement en 1988 et ses restaurations ultérieures soulignent son importance dans le patrimoine architectural provençal.