Frise chronologique
1735
Réaménagement de la place Saint-Sauveur
Réaménagement de la place Saint-Sauveur
1735 (≈ 1735)
Lancement par les échevins de Caen.
1745
Fin du contrat de fieffe
Fin du contrat de fieffe
1745 (≈ 1745)
Occupant insolvable, maisons en mauvais état.
1747
Achat par Vincent Canteil de Condé
Achat par Vincent Canteil de Condé
1747 (≈ 1747)
Construction de l’hôtel particulier actuel.
23 janvier 1928
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
23 janvier 1928 (≈ 1928)
Protection de la façade et de la porte.
Années 1930
Comblement du Petit-Odon
Comblement du Petit-Odon
Années 1930 (≈ 1930)
Disparition de la rivière bordant l’hôtel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façade sur rue avec la porte et les vantaux : inscription par arrêté du 23 janvier 1928
Personnages clés
| Aiulf du Marché - Fondateur de l’abbaye d’Ardenne |
Ancien propriétaire du terrain au Moyen Âge. |
| Vincent Canteil de Condé - Mousquetaire du roi et seigneur |
Commanditaire de l’hôtel en 1747. |
Origine et histoire
L’hôtel Canteil de Condé est un édifice emblématique du centre-ville ancien de Caen, situé au no 19 de la place Saint-Sauveur. Construit sur deux parcelles cadastrales (section KY, nos 32 et 33), il occupait à l’origine un espace bordé au nord par la place et au sud par le Petit-Odon, une rivière comblée dans les années 1930. L’ensemble, d’une superficie de 11,22 m2, témoigne de l’urbanisme caennais avant les transformations modernes, avec une façade en pierre de Caen caractéristique de l’architecture locale.
L’histoire du lieu remonte à Aiulf du Marché, fondateur de l’abbaye d’Ardenne, qui habitait à cet emplacement avant d’en faire don à l’abbaye. Les deux maisons à pans de bois originelles, dites petite maison de l’abbaye et grande maison de l’abbé, furent louées pour générer des revenus jusqu’en 1745, date à laquelle leur occupant, déclaré insolvable, rompt le contrat de fieffe. En 1747, Vincent Canteil de Condé, mousquetaire du roi et seigneur de Condé-sur-Seulles, acquiert les propriétés délabrées pour les remplacer par un hôtel particulier reflétant le goût de l’époque.
La façade sur rue, ornée d’une porte cochère à fronton et d’un heurtoir Louis XV, est inscrite aux monuments historiques depuis le 23 janvier 1928. À l’arrière, l’ancien jardin donnant sur le Petit-Odon a cédé la place à une halle métallique utilisée comme parking, illustrant l’évolution fonctionnelle des espaces urbains. L’hôtel se distingue de son voisin, l’hôtel Fouet, par une emprise au sol plus vaste et une décoration plus sobre, typique des résidences aristocratiques du XVIIIe siècle en Normandie.
L’édifice s’inscrit dans une dynamique de réaménagement de la place Saint-Sauveur, lancée par les échevins en 1735. Ce projet urbain visait à moderniser le cœur historique de Caen, où les hôtels particuliers coexistaient avec des bâtiments médiévaux. La transformation de l’hôtel Canteil de Condé symbolise ainsi le passage d’une architecture médiévale en pans de bois à un style classique en pierre, marquant une période de renouveau pour la ville.
Aujourd’hui, l’hôtel reste un témoignage de l’histoire sociale et architecturale de Caen. Bien que partiellement modifié (notamment par la disparition du jardin et la construction de la halle), sa façade protégée et son heurtoir d’origine rappellent le faste des résidences nobles sous l’Ancien Régime. Son inscription au titre des monuments historiques souligne son importance patrimoniale dans le paysage caennais.